Grand Théâtre - Arrière-scène

Le Canard sauvage

Henrik Ibsen

Mercredi 17 décembre 2008 à 20h
Jeudi 18 décembre 2008 à 20h
Vendredi 19 décembre 2008 à 20h
Adultes 20 €, Jeunes 8 €

Après ses pièces traditionnelles, Henrik Ibsen n'écrira plus que des drames contemporains, mettant en exergue les tares de la société bourgeoise et l'affrontement entre l'individu et la « majorité compacte » : L'union des jeunes, Une maison de poupée, Le Canard sauvage, Hedda Gabler... Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambiguë de l'auteur : s'il critique la morale traditionnelle et défend l'idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique « ibsénien » réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable.

» Ne vous servez donc pas de ce terme élevé d'idéal quand nous avons pour cela, dans le langage usuel l'excellente expression de mensonge. Henrik Ibsen, Extrait de Le canard sauvage

FR
Le photographe Hjalmar Ekdal vit avec sa femme Gina et leur fille Hedvig de 14 ans dans une sous-pente qui fait à la fois office d'appartement et d'atelier et qui est attenante à un grenier où sont élevés des poules, des lapins et un canard sauvage auquel l'adolescente est très attachée. Le trio cohabite avec le vieux père qui, par le passé, a purgé une peine de prison pour un délit financier dont l'instigateur était le négociant Werle. Gina a autrefois été gouvernante chez Werle.
Au début de la pièce, Grégoire Werle, fils du négociant, revient dîner dans la maison familiale. Il y apprend que Gina Ekdal a été la maîtresse de son père avant d'épouser Hjalmar, et que c'est le négociant lui-même qui a mis au point ce mariage et l'a soutenu financièrement. Grégoire estime de son devoir d'apprendre à Hjalmar ce qu'il sait, avec l'idée que le couple puisse bâtir sa vie commune sur cet idéal de vérité. Hjalmar confronte alors Gina avec son passé.

» Fracturer les portes de l'intime, éclairer l'énigmatique et libérer ce qui est prisonnier des instants révolus. Ibsen, Créateur à l'heure d'une nouvelle Genèse, instille alors, loin de tout système, une sorte d'« invention de soi », que reprendra plus tard, à sa manière, un Ingmar Bergman. [...] Ibsen a cherché à dépasser la modernité classique au nom d'une plus grande modernité, portant ses pas vers l'être qui agit plutôt que vers le monde sur lequel il agit. Il n'est jamais dans la doléance : naître neufs dans un monde plus vieux que nous, voilà autre chose que du désenchantement. « Se réaliser soi-même dans sa vie est, à mon sens, le but le plus élevé que puisse atteindre l'homme », écrit-il deux ans avant Le Canard sauvage. Si Henrik Ibsen était du chocolat, il serait noir, amer et doux. Yves Beaunesne

Mise en scène Yves Beaunesne Avec Judith Henry, Jany Gastaldi, Géraldine Martineau, François Loriquet, Fred Ulysse, Rodolphe Congé, Jean-Claude Frissung, Philippe Faure, Brice Cousin Production Compagnie de La Chose Incertaine, Les Gémeaux à Sceaux, Grand Théâtre de Luxembourg, Apostrophe Scène Nationale de Cergy-Pontoise, Théâtre de la Coursive de la Rochelle, La Scène-Watteau de Nogent de Marne, Bonlieu-Scène Nationale d'Annecy, MC de Bourges, Théâtre du Beauvaisis Et le soutien de Jeune Théâtre National, Département du Val de Marne, Drac Île-de-France