Grand Théâtre - Arrière-scène

Vers toi Terre promise

Tragédie dentaire
Jean-Claude Grumberg

Mardi 25 novembre 2008 à 20h
Mercredi 26 novembre 2008 à 20h
Adultes 20 €, Jeunes 8 €

Le public du Grand Théâtre avait déjà pu découvrir en 2005 Daewoo qui mettait en scène le destin de quatre femmes victimes du cynisme et de la violence sociale d'un patron voyou et en 2008 le très saisissant et bouleversant témoignage de quatre femmes aux prises à la prostitution dans Slogans à partir de textes de Maria Soudaïeva et Antoine Volodine. Cette fois-ci, Charles Tordjman nous emmène sur les traces d'Israël.

FR
Charles et Clara Spodek soignent les maux de dents. Ils sont juifs. Dans cette après-guerre, d'autres douleurs hantent l'intimité du cabinet du Dr Spodek. Une de leurs filles a disparu en déportation. L'autre vit recluse dans un couvent et ne donne plus signe de vie. Mais ce n'est pas dans la religion qu'ils trouvent la consolation : « Je crois que je ne crois pas », dit le dentiste. Et des amis, il n'en reste plus beaucoup. Plus rien ne les retenant, ils partiront. Vers quel espoir ? Tel est le cadre de cette « tragédie dentaire » où Jean-Claude Grumberg nous embarque avec émotion, humour et tendresse.

Dans toute tragédie, il y a un choeur. Mais celui-ci est un choeur à la « dentaire » : c'est un petit garçon qui ne veut plus porter de culottes courtes et a les dents gâtées. Il fréquente assidûment le cabinet Spodek, et c'est un peu l'auteur lui-même... qui se promène dans son enfance avec son regard d'enfant. Il y a quelque chose de kafkaïen dans l'histoire des Spodek. Doit-on rire à gorge déployée ou laisser le sanglot nous gagner. On entend le choeur chrétien Vers toi Terre promise : « Courbés sous le poids des misères, tous les peuples marchent aussi ; ils cherchent la joie, la lumière ; ils ont soif d'un monde infini. »

Et plus tard, le chant du muezzin qui les accueillera aux portes d'Israël... Dans les instants les plus terribles, il y a toujours le comique poétique des Marx Brothers et le coeur gros comme ça de Jean-Claude Grumberg. Avec une liberté d'écriture, un humanisme, une ironie, une vitalité et un rire énorme.

» Voilà, c'est comme ça, on veut raconter vite fait bien fait une petite histoire d'arracheur de dents et on se retrouve en pleine imprécation devant les murs de Jéricho. Jean-Claude Grumberg

Né en 1939, Jean-Claude Grumberg exerce différents métiers, dont celui de tailleur, avant d'entrer comme comédien dans la compagnie Jacques Fabbri. Il aborde l'écriture théâtrale en 1968 avec Demain une fenêtre sur rue. Avec Dreyfus (1974), L'Atelier (1979) et Zone libre (1990), il compose une trilogie sur le thème de l'occupation et du génocide. Au cinéma, il est scénariste de : Les Années sandwichs, coscénariste avec François Truffaut pour Le Dernier Métro, et La Petite Apocalypse, Amen et Le Couperet de Costa Gavras. Il a reçu le Grand Prix de l'Académie française, le Grand Prix de la SACD pour l'ensemble de son oeuvre, le prix de littérature de la Ville de Paris et de nombreux Molière et César.

Mise en scène Charles Tordjman Avec Philippe Fretun, Antoine Mathieu, Clotilde Mollet, Christine Murillo Scénographie Vincent Tordjman Lumières Christian Pinaud Costumes Cidalia Da Costa Musique Vicnet Maquillage Cécile Kretschmar Collaboration artistique Zohar Wexler Régie générale Frédéric Stengel Production Théâtre de la Manufacture - Centre Dramatique National Nancy Lorraine Coproduction Théâtre du Jeu de paume (Aix-en-Provence), Grand Théâtre de Luxembourg, Théâtre du Rond-Point (Paris) Production réalisée dans le cadre d'un accord de coopération avec le Théâtre Cameri de Tel Aviv Le texte est édité chez Actes Sud Papiers