Les Théâtres de la Ville de Luxembourg
GRAND THÉÂTRE | ARRIÈRE-SCÈNE

#09 LES PENDUS

JOSSE DE PAUW & JAN KUIJKEN

EN LATIN ET NÉERLANDAIS, AVEC SURTITRES EN FRANÇAIS

[FR] Au sommet des collines, des gibets, des potences, et des pendus ! Des pendus partout, des pendus toujours, condamnés sans appel. Ces pendus, ce sont tous ceux qui ont refusé et qui refusent encore d'accepter les « évidences », ceux qui s'interrogent, qui interrogent, qui remettent en question. C'est par eux-mêmes qu'ils veulent savoir. Ils l'ont payé, ils le paient, ils le paieront de leur vie.

Sur le plateau, un orchestre de vingt-deux musiciens, l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie dirigé par Etienne Siebens, interprète une partition qui est un véritable récit musical.

Suspendus au-dessus d'eux, cinq personnages : deux acteurs - une comédienne, un comédien -, trois chanteurs.

C'est en latin que s'élèvent les chants ; la femme s'exprime en un dialecte flamand, l'homme en néerlandais.

Ces chants sont des prières d'appel à la miséricorde, des lamentos craintifs, des justifications prudentes, des élégies angoissantes. Ils sont aussi narrations révélatrices de contextes historiques. Quant aux textes des acteurs, expressions des opinions des « curieux » - chercheurs et penseurs -, ils sont plus brutaux, s'en prenant violemment aux détenteurs du pouvoir, l'Église, l'État, les mettant en demeure, les accusant.

Et retentissent alors les voix de Galilée et de Giordano Bruno, deux êtres de curiosité, d'esprit critique, d'humanisme, symboliques de tous ceux-là qui se sont dressés pour poser à voix haute les questions essentielles.

Galilée assigné à résidence à vie en 1633 pour avoir prétendu que la terre tournait autour du soleil et réhabilité... en 1992 par le pape Jean-Paul II. Quant à Giordano Bruno, condamné lui en tant qu'hérétique au bûcher en 1600, il n'a pas été réhabilité. En 2000, Jean-Paul II a simplement exprimé des regrets...

C'est Josse de Pauw, remarquable comédien dans le Mefisto for ever mis en scène chez nous par Guy Cassiers, qui a écrit et mis en scène le texte ; Jan Kuijken a composé la musique de cette étrange messe pour les pendus, de cet étonnant requiem !

» J'ai vu une personne pleurer d'émotion. J'ai vu des gens quitter la salle. J'ai vu beaucoup de personnes se lever pour ovationner le spectacle, ce qui est plutôt rare lors d'une première. Cela veut dire qu'il s'est passé quelque chose. De Morgen 

» La splendeur de ce spectacle tire son éclat d'interprétation de la musique par l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, dirigé par Etienne Siebens. Il est rare de rencontre un tel équilibre entre le jeu, le chant et la musique. Ce spectacle donne matière à réflexion. Mais qui l'écoute bien ressent un plaisir équivalant à entendre une excellente exécution d'une passion ou d'un requiem. Le mérite en revient à Jan Kuijken. Mais le père spirituel du concept est et demeure Josse De Pauw. Il s'attaque avec tant d'intensité et de bonheur au concept de base, qu'en partant d'un doute il trouve une vérité qui ne tue pas la pertinence de la culture romaine, mais la blesse. Il est à la fois poète et historien. Knack 

» Les Pendus est un momento mori dédié à tous ceux qui ont péri pour avoir eu des opinions à contre-courant. Josse De Pauw a opté pour une forme imposante, mais le texte domine l'ensemble. De Standaard

» Josse De Pauw livre un spectacle magnifique. (...) L'humour est une des armes faisant passer ce vibrant plaidoyer pour la liberté. (...) Ces pendus cernés d'une étrange lumière trouent les cieux noirs. La magie de l'image, du son, suspend notre souffle: poésie et cruauté superposées, spectacle et philosophie mêlés. (..) Rien d'austère là-dedans, la philosophie selon la très belle écriture de Josse De Pauw (également metteur en scène) vole dans les cimes, les pieds ancrés dans l'humour de la terre. (...) Les Pendus sont un nouvel acte de foi dans la tolérance, l'union des communautés et la défense de la liberté de pensée qui prend toute sa valeur dans les temps qui courent. Le Soir 

» Les Pendus de Josse De Pauw, très beau mini-opéra sur le danger de pansser. (...) Dès l'entame, l'image est forte, obsédante. (...) Le texte de Josse De Pauw est plein de chaleur et parle de nature, de sensualité, autant que de la nécessité de penser et de chercher. (...) Exemplaire de rhétorique et de sensualité, la partie vocale colle au texte, tenue par trois chanteurs (pendus, eux-aussi) au timbres corsés, Janneke Daalderop, Soprano, Ekaterina Levental, mezzo, et Steven van Gils, ténor, et la voix 'd'enfant' off, de Lidewei Loot, révélation du casting. La Libre Belgique 

» Autant par les voix splendides des soprano Janneke Daalderop, mezzo soprano Ekaterina Levental, ténor Steven van Gils et la tendre voix d'enfant si poignante de Lidewei Loot, autant par la partition inspirée de Jan Kuijken jouée tout en finesse par l'Orchestre de Chambre de Wallonie, ensemble de cordes sous la direction d'Etienne Siebens, autant par, en contraste, le soliste Jan Kuijken lui-même et son violoncelle véhément sur une bande-son inquiétante, autant par le jeu performant des acteurs Hilde Van Mieghem et Tom Jansen, autant par l'inventivité des effets lumineux d'Enrico Bagnoli... tout, absolument tout, concourt à faire de ce spectacle un des plus magistraux du duo concepteur Kuijken-de Pauw, celui-ci signant la mise en scène. Admirable. Rue du Théâtre

TEXTE, MISE EN SCÈNE Josse de Pauw
MUSIQUE Jan Kuijken
CONCEPT Josse De Pauw & Jan Kuijken
DRAMATURGIE Geerdt Magiels
LUMIÈRE Enrico Bagnoli
COSTUMES Greta Goiris
DIRECTION MUSICALE Etienne Siebens

ACTEURS Tom Jansen, Hilde Van Mieghem
CHANTEURS Janneke Daalderop, Ekaterina Levental, Steven Van Gils
MUSIQUE Orchestre Royal de Chambre de Wallonie
CELLO Jan Kuijken

PRODUCTION LOD
COPRODUCTION KVS, Théâtre National Bruxelles, Grand Théâtre de Luxembourg, Le Maillon Strasbourg, Maison de la Culture d'Amiens, Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, KunstFestSpiele Herrenhausen (Hannovre) et VocaalLAB Nederland

Mercredi 25 MAI 2011 à 20h00 (tickets)
Kulturpass, bienvenue!

DURÉE environ 1h30

Adultes 20 € / Jeunes 8 €

Sticker Théâtre Musical


[DE] Auf den Hügeln: Galgen. Wohin das Auge blickt: Galgen und Gehängte, deren tote Leiber daran baumeln. Unweigerlich kommen einem die Verse François Villons in den Sinn.

Auf der Bühne: ein kleines Orchester und eine Handvoll Sänger und Akteure. Gesungen wird lateinisch. Flehend und angstvoll gerät die Bitte um göttliches Erbarmen. Gesprochen wird dagegen Niederländisch oder Flämisch. Schonungslos, brutal und anklagend wird mit Staat und Kirche abgerechnet.

Galileo Galilei und Giordano Bruno kommen zu Wort. Zwei kritische Geister, zwei Humanisten. Sie stehen stellvertretend für die vielen Mutigen und Unbequemen, die zu allen Zeiten unter Einsatz ihres Lebens für die Sache der Wahrheit und Gerechtigkeit eingetreten sind.

Galilei, 1633 wegen seiner Überzeugung, dass nicht die Sonne sich um die Erde drehe, sondern es sich umgekehrt verhalte mit lebenslangem Hausarrest belegt, wurde inzwischen rehabilitiert... 1992 durch Papst Johannes Paul II.

Bei Giordano Bruno, 1600 als Ketzer auf dem Scheiterhaufen verbrannt, scheint das komplizierter zu sein: im Jahr 2000 äußerte Johannes Paul II aber immerhin sein Bedauern...

Die Textgrundlage stammt von Josse de Pauw, bekannt vor allem durch seine Mitwirkung in Guy Cassiers Mephisto for ever. Die Musik zu diesem leider noch immer hochaktuellen Requiem steuert Jan Kuijken bei.

[EN] Josse de Pauw and Jan Kuijken's work is a study of the universal themes of truth and humanity. Featuring a small cast and chamber orchestra, Les Pendus focuses on the critical, and criticised, thoughts of Galileo Galilei and Giordano Bruno on the nature of the universe. Josse de Pauw's texts are indefatigable and brutal in their attack on the state and on the church that placed Galileo under house arrest and burned Bruno at the stake. The music by Jan Kuijken takes on the role of a requiem.



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