#05 IDOMENEO, RE DI CRETA

WOLFGANG AMADEUS MOZART

DRAMMA PER MUSICA EN TROIS ACTES / LIVRET DU PÈRE GIAMBATTISTA VARESCO
D'APRÈS LA PIÈCE DE DANCHET MISE EN MUSIQUE PAR ANDRÉ CAMPRA (1712)
CRÉÉ LE 29 JANVIER 1781 AU THÉÂTRE CUVILLIÉS DE MUNICH
EN ITALIEN, AVEC SURTITRES EN FRANÇAIS & ALLEMAND

 

[FR] Mozart, encore Mozart, toujours Mozart; Mozart heureusement! À l'affiche cette fois: Idomeneo, re di Creta, un dramma per musica en trois actes, créé le 29 janvier 1781 au Théâtre Cuvilliés à Munich.

Idoménée, roi de Crète, n'a échappé au naufrage qu'en promettant solennellement à Neptune de lui sacrifier la première personne qui s'avancerait vers lui. Horreur: c'est son fils Idamante. Comment éviter l'accomplissement de la terrible promesse? En outre, deux femmes amoureuses se disputent Idamante: Ilia, sa prisonnière, la fille du roi Priam, et Électre, la princesse d'Argos. Un monstre jaillira des eaux, Idamante le combattra; Ilia s'offrira au sacrifice. Neptune se laissera-t-il fléchir?

Ce qui est remarquable dans cet opera seria de Mozart, dont on s'accorde à dire qu'il est une oeuvre de maturité, c'est l'humanité déchirée de ses personnages, qui cessent d'être de grandes figures emblématiques pour (re)devenir des hommes, de pauvres hommes, en proie aux caprices du destin, aux conséquences de leurs actes, aux élans de leurs passions, et qui, dans l'intensité douloureuse de leurs décisions, dans leur volonté de s'affranchir des déterminismes, dans leur aspiration au bonheur, en arrivent à faire naître un nouveau type humain, celui des Lumières.

Yannis Kokkos est un remarquable plasticien. Ses mises en scène sont d'un élégant classicisme dont les symétries et le rythme confèrent une allure de cérémonial tragique aux soubresauts des destinées bouleversées. De grandes colonnes mobiles, qui délimitent successivement les différents lieux du récit, spatialisent les affrontements, disent la menace ou la solitude; des jeux de couleurs (celles des vêtements notamment) et de lumière apparaissent comme des transcriptions visuelles des états d'âme. Cette scénographie-là, qui est très belle aussi, révèle comment le chaos va s'ordonner et trouver un sens, revendiqué, élaboré et obtenu par et pour les hommes.

Cette cérémonie-là ne sacrifie pas aux dieux, elle consacre aux hommes.

» Si les décors toujours si élégants de Yannis Kokkos forment un espace propice à la tragédie intérieure…, on n'est surtout pas prêts d'oublier la qualité musicale de la représentation. Le Figaro

» C'est le versant noir de la grâce mozartienne qui nous est montré ici, où le thème du sacrifice atteint la force du mythe. L'image du final, lumineux et glacé, restera longtemps dans les esprits. Et toute la théâtralité de Mozart se retrouve dans la fosse… Sud-Ouest

DIRECTION MUSICALE François-Xavier Roth
MISE EN SCÈNE, DÉCORS & COSTUMES Yannis Kokkos

DRAMATURGIE Anne Blancard
COLLABORATION À LA MISE EN SCÈNE Stephan Grögler
LUMIÈRES Patrice Trottier
CHEF DE CHANT Emmanuel Olivier

IDOMENEO Chad Shelton
IDAMANTE Terry Wey
ILIA Judith van Wanroij
ELETTRA Cécile Perrin
ARBACE Jesus Garcia
LE GRAND PRÊTRE Alexandre Swan

ORCHESTRE Les Siècles
CHOEUR Les Siècles

PRODUCTION DÉLÉGUÉE Théâtre de Caen
COPRODUCTION Opéra National de Bordeaux, Opéra National de Lorraine

Lundi 12 MARS 2012 à 20h00 (tickets)
Mercredi 14 MARS 2012 à 20h00 (tickets)

DURÉE 2h45 & entracte
Adultes 65 €, 40 €, 25 € / Jeunes 8 €

Introduction à l'opéra
par Monsieur Jérôme Wigny des amis de l'opéra une demi-heure avant chaque représentation (en langue française)

Lieu: Grand Théâtre / Grande salle

[DE] Die intensive Mozart-Pflege im Grand Théâtre wird um einen elementaren Baustein ergänzt: Mit Idomeneo, re di Creta steht eine Oper auf dem Programm, die nicht nur Mozart selbst für seine beste hielt - auch wenn sie nicht zu der populären "Fünferkette" Entführung, Figaro, Giovanni, Così, Zauberflöte gehört. 1781 markierte das Werk mit seinen mächtigen Chören, den lyrischen Arien und der Entwicklung von der virtuosen "Nummernoper" zu einem durchkomponierten musikalischen Drama einen Meilenstein im Schaffen des jungen Komponisten.

Vordergründig geht es um die Sagen-Geschichte vom König Idomeneo, der, um seine Flotte aus einem verheerenden Sturm zu retten, dem Meeresgott gelobt, den ersten Menschen zu opfern, der ihm nach geglückter Landung am Strand begegnet. Fatalerweise handelt es sich dabei um seinen Sohn Idamante. Im Kern verhandeln Mozart und sein Librettist Varesco die Frage, was Vorrang hat: Göttliches Recht oder menschliches Empfinden. Letztlich beugen sich die Menschen dem göttlichen Verdikt, und im Gegenzug für diesen Gehorsam verzichtet der Gott auf die Durchführung des Opfers. Wie zeitlos dieser Stoff ist, zeigte zuletzt der Skandal um die Produktion von Hans Neuenfels in Berlin, die wegen befürchteter Anschläge religiöser Fundamentalisten zeitweise vom Spielplan abgesetzt wurde.

Weil Idomeneo ein Auftragswerk für die Münchener Faschings-Saison war, ergänzte Mozart das "Dramma per musica" durch eine Dreiecks-Liebesgeschichte zwischen Idamante, der griechischen Königstochter Elektra und der Trojanischen Prinzessin Ilia, und er fügte ein barockes Jubelfinale für das Paar Idamante/Ilia als Happy End hinzu.

Für Regie und Ausstattung im Grand Théâtre zeichnet Yannis Kokkos verantwortlich, dessen große, düstere Tableaus seine Vergangenheit als weltweit profilierter Bühnenbildner nicht verleugnen können.

» Kokkos hat die düstere Handlung vor einer Projektion des aufgepeitschten Meers angelegt, bisweilen verschleiert von einer mehr oder weniger verdeckten Sonnenscheibe auf einem Zwischenvorhang. Fünf riesige Quader-Säulen auf Rollen können den Platz um einen Sänger einengen, was eine besonders bedrückende Wirkung hat. Der Neue Merker

[EN] Mozart is a regular at the Grand Théâtre, but this time one of his less familiar works takes centre stage. Idomeneo is a drama that focuses on the humanity of its protagonists - the king of Crete himself, his son Idamante whom he must sacrifice to Neptune, and the two women in love with Idamante, Ilia and Electra.