[FR] La télévision était en noir et blanc et le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier annonçait les grandes soirées sportives ou «culturelles» retransmises par l'Eurovision. La plus fameuse était sans doute celle du Concours Eurovision de la Chanson.
En 1973, c'est chez nous, au Grand Théâtre, retransmis par la CLT, que se sont déroulés ses fastes! Son vainqueur: Anne-Marie David qui, bien que née à Arles, fit triompher nos «couleurs» - avec un orchestre dirigé par Pierre Cao.
Massimo Furlan en a fait un étrange spectacle qui commence comme une soirée kitschissime organisée dans un cabaret de travestis: des images vidéo replongent le spectateur «en direct» dans l'événement, et sur le plateau se succèdent les candidats qui interprètent leur «morceau d'épreuve», avec beaucoup de conviction. Massimo Furlan, perruqué et costumé comme il convient, assume tous les rôles, doublé, authentifié par les images projetées.
Mais voilà qu'un guitariste à la chevelure blonde coupée au bol interrompt la cérémonie pour se lancer dans des commentaires sociologico-ethnologico-psychanalytiques les plus pointus. Et voilà que le «présentateur», un certain Pino Tozzi, «chanteur-organisateur de mariages», appelle son «papa», Umberto Tozzi, à le rejoindre sur le plateau. Ce père vénérable - il s'agit de Marc Augé, un anthropologue bien réel, ancien directeur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris - entame alors une très savante conversation sur les notions d'«icône» et d'«idole» ou sur ce kitsch qui manque à la musique pop pour qu'elle acquière l'universalité qui caractérise la «variété».
Le défilé cabaret-kitsch et ce déferlement hyper-intellectuel créent une superbe et drolatique confusion scénique où chacun «en prend pour lui», aussi bien l'amateur béat de pareil culte que ses savants «décodeurs».
» Il faudra s'y habituer, Massimo Furlan est sérieusement loufoque… Plus profonde qu'elle ne paraît, son approche parle à chacun car elle raconte ces instants précieux où une vie bascule. Les Unrockuptibles
» [Massimo Furlan] met en scène le décalage, sur tous les plans et dans tous les domaines, avec une inventivité rafraîchissante, exempte de l'intellectualisme bavard et du snobisme orgueilleux dont il renvoie l'image, à peine déformée… Le Quotidien
AVEC
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Vendredi 6 JANVIER 2012 à 20h00 (tickets)
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[DE] Zoom ins Frühjahr 1973. Schauplatz: Das Grand Théâtre Luxemburg. Einen Abend lang schaut ganz Europa auf das Haus am Rond-point Schuman. Es ist die Nacht der Entscheidung im Grand-Prix Eurovision de la Chanson. Anne-Marie David holt mit Tu te reconnaîtras den vierten von insgesamt fünf Luxemburger Grand-Prix-Siegen, Cliff Richard kommt mit Power to all our friends auf Platz 3, landet aber später in den Charts den größeren Hit. Weil Luxemburg zwei Mal hintereinander gewonnen hat, übernimmt England die Ausrichtung im Folgejahr. Mit dem Sieg von Abba in Brighton 1974 beginnt die Verwandlung der beschaulichen Nationen-Konkurrenz in einen internationalen Pop-Wettbewerb.
Zu den 125 Millionen Zuschauern in über 30 Ländern gehörte am 7. April 1973 der siebenjährige Massimo Furlan. Fast vier Jahrzehnte später hat der Bühnenkünstler mit dem Schwerpunkt "Rekonstruktion" ein Projekt auf die Beine gestellt, das auf den ersten Blick ziemlich verrückt klingt: Gemeinsam mit sechs Kollegen spielt er den kompletten, damals von RTL-Legende Helga Guitton moderierten Grand-Prix-Abend (Dirigent war Pierre Cao!) nach - einerseits überaus originalgetreu, andererseits durchaus parodistisch.
Was Furlan dabei aufspürt, ist der Zeitgeist der frühen Siebziger Jahre, der die europäische Schlagerszene prägte. Zwischen dem Anspruch, sich von der Schnulze der Vorgängergeneration abzuheben, und den Gesetzen des Schlagermarktes. Und 1973 fragt auch nach der Befindlichkeit des Publikums, für das das jährliche Grand Prix-Finale ein fest im Terminplan verankertes Ereignis war.
Heute ist der "Eurovision Song Contest" ein sorgfältig durchkalkuliertes Hochglanz-Event mit austauschbaren Kandidaten. Insofern ist 1973 auch eine unterhaltsame Nostalgiereise in eine längst vergangene Epoche. Und dass sie nach ihrem Debüt beim Festival d'Avignon gerade am Original-Schauplatz Station macht, ist eine besondere Pointe.
[EN] A musical spectacular that celebrates the kitsch and glamour of what many say were the real glory days of the Eurovision Song Contest. In 1973, the year before Abba won with Waterloo, the song contest was hosted at the Grand Théâtre after Viki Leandros had won for Luxembourg the previous year. Massimo Furlan's strikingly visual and exuberant piece, will evoke nostalgic memories formany who recall the early 70s and surprise others too young to recall the era.