#06 L'OLIMPIADE

Josef Mysliveček (1737-1781)

Opera seria d'après un livret
de Pietro Metastasio
Créé au Teatro San Carlo de Naples le 4 novembre 1778 / En italien, avec surtitres en français & allemand

[FR] Il y a encore de belles découvertes à faire dans le monde de l'opéra: ainsi, l'Olimpiade du compositeur tchèque Josef Mysliveček (1737-1781).

Josef Mysliveček a beaucoup voyagé: Munich, Vienne, et l'Italie où il s'est même installé, pour finalement revenir à Prague. Il a été à l'époque l'un des compositeurs d'opéras les plus célèbres.

Il est l'auteur de vingt-huit opéras, de dix oratorios, de cantates, de nombreuses partitions orchestrales et de musique de chambre, et de concertos, dont huit pour violon - et au moins l'un d'entre eux était connu de Mozart, qui le mentionne dans une lettre de 1773. En dix-huit ans, il a aussi composé quatre-vingt-cinq symphonies. En outre, il a inauguré le genre du quintette à cordes.

Son style de composition, très inspiré et de grande inventivité mélodique, a influencé des compositeurs tels que Mozart, qui le rangeait d'ailleurs parmi «les pères de la musique classique européenne».

Et pourtant, bien que sa renommée ait été incontestable, il est mort pauvre et oublié; ses œuvres ont été progressivement effacées par celles de ses successeurs.

D'où l'intérêt de cette production qui a permis un magnifique travail de reconstitution, avec des recherches sur la vie et l'œuvre de son compositeur, l'établissement d'une édition critique de la partition, sa concrétisation scénique ensuite.

L'Olimpiade est un opera seria composé d'après un livret de Pietro Metastasio et créé au Teatro San Carlo de Naples le 4 novembre 1778. Son récit - une histoire d'amours compliquée mais heureusement conclue grâce à des retrouvailles - a pour cadre… les Jeux Olympiques… mais en des temps lointains…

» (L'Olimpiade) aura convaincu le grand public que les œuvres composées par Josef Mysliveček dans sa maturité artistique n'ont rien à envier aux ouvrages composés, vers la même période, par le jeune Mozart. (…) (Cette production) concentre l'action sur les confrontations directes entre les protagonistes. Le décor est réduit à sa plus simple expression, (…). Dans la fosse, l'ensemble pragois Collegium 1704 fait valoir un jeu dynamique et incisif, à l'image de cette musique riche et tourmentée qui méritait assurément d'être explorée plus avant. Le jeune chef d'orchestre Václav Luks, investi à fond dans cette entreprise, n'est évidemment pas pour rien dans le succès de cette fascinante redécouverte. ResMuscia

» Un chef-d'œuvre vocal ressuscité, avec tous les honneurs posthumes dus à un compositeur trop longtemps négligé: en associant les opéras de Prague, de Caen et de Dijon à la reconstitution de l'opéra L'Olimpiade, les Théâtres de la Ville de Luxembourg ont gavé les mélomanes d'émotions lyriques inespérées. Luxemburger Wort

» Sur le plateau, pas de « couleur locale olympique hellène », mais un espace aux belles connotations géométriques et lumineuses (des néons, des effets de perspective, des murs végétaux, une fontaine qui devient arbre, des jeux de flammes, quelques objets savoureusement significatifs). Un efficace traitement physique des états d'âme et des émotions des protagonistes : les corps des interprètes ont « leurs mots à dire » ! Et les chanteurs sont aussi comédiens ! Le Jeudi

» La soprano italienne Raffaella Milanesi ne manque pas de profondeur dans son interprétation de Mégaclès, ami de Lycidas. Véritable protagoniste de l'œuvre, son portrait est saisissant, et ce dans plusieurs sens. La virtuosité vocale est là dès le premier air "Superbo di me stesso" avec ses trois " rés " redoutables, mais surtout elle impressionne par l'honnêteté de sa performance. Le conflit du personnage masculin qu'elle interprète paraît le sien. Si nous sommes stimulés par sa beauté plastique et son agilité vocale, son art du drame nous éblouit davantage ; sa présence, sa composition du rôle complexe reste exquise, inoubliable.. Classiquenews 

» Célébrissime dans la Naples de la seconde moitié du XVIII è siècle, Myslivecek, surnommé « il divino Boemo », décrit par Mozart comme un maître, « plein de feu, d'esprit et de vie », écrivait pour les plus grandes divas de son temps. « Ses arias exigent une grande virtuosité », note le chef Vaclav Luks, qui le classe parmi les « plus grands auteurs d'opéra séria de la seconde moitié du XVIIIème siècle, entre Pergolèse et Donizetti ». Un compositeur très en avance sur son temps, à l'instar de son jeune collègue Mozart : «C'est incroyable, s'enflamme encore Luks, mais on perçoit déjà Donizetti dans la façon dont Myslivecek écrit pour la voix ».Marianne

» Voici une partition passionnante, dont les arias virtuoses ou dolentes et, plus encore, les récitatifs d'une puissante éloquence, accompagnent et transcendent une intrigue alambiquée. (…) Dans un festin de sonorités denses et ciselées, les instrumentistes de son Collegium 1704 lancent des traits incisifs comme des poignards ou enveloppent les voix d'une gaze délicate qui s'envole en volutes caressantes. La Croix

» Entre réminiscences et citations, l'esthétique d'Ursel Herrmann réécrit au présent la légende forgée par les précédentes mises en scène réalisées avec son époux Karl-Ernst. Pour la première fois sans ce dernier, nul mieux qu'elle ne sait animer la rhétorique de l'aria da capo avec une telle fluidité. Et cerner les personnages au plus juste grâce à une direction d'acteurs aussi supérieurement graphique qu'intensément physique. Trente ans après avoir brisé le marbre de La Clémence de Titus de Mozart, la révolution théâtrale des Herrmann demeure une leçon nécessaire et bouleversante. Diapason

» Un opéra brillamment dirigé par le chef Vaclav Luks (…) Bel orchestre, voix justes et captivantes. (…) Ursel Hermann a superbement allié le minimalisme du décor, comme une sculpture abstraite et géométrique, avec un savant usage de la couleur et des drapés dans les costumes, renvoyant aux plis et couleurs de l'esthétique baroque. L'Humanité

» Ursel Herrmann (...) livre une mise en scène précise et profonde, alliée à une vraie culture picturale, qui ridiculise les fausses valeurs d'aujourd'hui, des indigents Valérie Nègre ou Jean-François Sivadier aux histrions du type Neuefels ou Warlikowski. Les chanteurs apparaissent dans un tunnel de lumière, glissent dans les failles d'un labyrinthe de bakélite, de gazon et de feu. Qu'elle mette à nu les tourments humains ou qu'elle chorégraphie des fantômes magrittiens, l'épouse de Karl Ernst Herrmann fait systématiquement mouche, rappelant le magistral pasticcio d'airs de Mozart, intitulé Ombra Felice, qu'ils signèrent ensemble il y a vingt ans. Libération

» La charmante Tamiri était interprétée par Raffaella Milanesi à la voix souple et agile, aux inflexions poétiques et musicales; la cantatrice possède également une belle hauteur bien timbrée. Luxemburger Wort à propos de Il Re Pastore

» … Václav Luks (accorde) avec méticulosité et (dirige) en toute finesse les cordes, hautbois, flûtes et trompettes de son orchestre baroque tchèque, Collegium 1704, dans les sublimités festives et les éruptions fatidiques et passionnelles de l'expression musicale de Haendel. Tageblatt à propos de Rinaldo

[DE] Sollte jemals ein Buch über die unglücklichsten Komponisten der Musikgeschichte geschrieben werden, dann dürfte Josef Mysliveček eines der vorderen Kapitel belegen.

Eine außergewöhnliche Karriere, von Anfang an. Der Sohn eines Prager Müllers lernte den Beruf des Vaters, begann aber mit 25 Jahren, in Venedig Gesang und Komposition zu studieren. Innerhalb weniger Jahre stieg er zum erfolgreichsten Komponisten Italiens auf, seine Werke wurden sogar in etlichen europäischen Ländern gedruckt. 26 Opern machten ihn zum wohlhabenden Mann, er freundete sich mit Wolfgang Amadeus Mozart an, der seine Wertschätzung für den Kollegen auch schriftlich dokumentierte.

Myslivečeks Unglück begann, als er an Syphilis erkrankte. Bei einer Operation entfernte man seine Nase. Seine Oper Armida fiel durch, danach klebte ihm das Pech förmlich an den Schuhen. Er starb verarmt und vergessen in Rom, seine Werke verschwanden völlig in der Versenkung.

Erst in den letzten Jahren gibt es eine kleine Mysliveček-Renaissance, meist ausgehend von seiner Heimatstadt Prag. Seine Wiederentdecker sind begeistert vom Melodienreichtum, dem schlüssigen Aufbau und der emotionalen Kraft seiner Werke.

Am Prager Nationaltheater entsteht auch die Koproduktion, die im Grand Théâtre zu sehen sein wird. L'Olimpiade ist die Vertonung eines Librettos von Pietro Metastasio, an dem sich auch etliche andere Barock-Komponisten versuchten.

Die Handlung dreht sich um die Olympischen Spiele der Antike. Es geht um Athleten, die unter falschem Namen antreten, um wahre und vorgetäuschte Liebe, um Eifersucht, Standesdünkel und Nationalismus. Alle Volten der Handlung nachzuerzählen, nimmt im Opernführer mehrere Seiten in Anspruch.

Eine anspruchsvolle Aufgabe für die Regie, die in den Händen von Ursel und Karl-Ernst Herrmann liegt. Ihre Mozart-Arbeiten seit der Brüsseler Clemenza di Tito 1982 sind längst Legenden, manche Produktionen sind durch ganz Europa gewandert. Heute haben sie sich eher rar gemacht, und es ist eine kleine Sensation, dass sie - längst jenseits der Siebzig - für Mysliveček wieder zur Bühne zurückkehren.

» Sorgfältig gearbeitete Bilder, Bewegungen mit Sinn, genau abgestimmte Choreographien. Melancholie und Ernst, auch da, wo die Handlung Raum für die Komödie lässt. Mit dem Österreicher Hartmut Schörghofer ist ein Bühnenbildner hinzugekommen, der meisterhaft versteht, Gefühlsräume zu schaffen. (...) Die Musik kann ihre zeitliche Nähe zu Mozart nicht leugnen, ist farbenreich und spannungsgeladen, allerdings äußerst schwierig zu singen. In Prag holte sich das Solistenensemble um die Mezzosopranistin Simona Houda-Saturova und die Sopranistin Sophie Harmsen ausgiebige Ovationen. Trierischer Volksfreund

» Raffaella Milanesi (gab) eine marmor-grazile Tamiri mit technisch souverän geführtem herrlich timbriertem Sopran (ab). Tageblatt zu Il Re Pastore

» Das Prager Orchester Collegium 1704 unter der Leitung des charismatischen Václav Luks (spielt) bei niemals nachlassender Spannung und sprudelnder Frische Händels Musik zum süchtig werden.Dresdner Neueste Nachrichten zu

[EN] Although now overshadowed by more famous names, Czech composer Josef Mysliveček has been called a "father of European classical music". In his lifetime he was one of the most celebrated opera composers, and an influence on Mozart and other composers of the 18th century.

The Mysliveček Redivivus project is dedicated to reviving his works. Here the group has reconstructed the musical score of his supreme opera L'Olimpiade - a work in Italian based on a libretto by Metastasio that is a celebration of the ancient Olympic Games in Greece.

» This new co-production of the Prague National Theatre, Caën Theatre, Dijon Opera and Luxembourg Theatres, unites all the elements of a perfect show: The Ensemble 1704 with its sweet and golden sound are lead (sic) by Václav Luks, and bring this music to life, following the score into the most intricate nuances, driving forwards and onwards, holding back if need be, to make us hold our breath, and love and fear and vibrate with the characters on the stage. An excellent cast of singers, who brilliantly master the demanding coloratura, give life and soul to those characters. They are assisted and guided by the magic stage direction of Ursel Hermann. The set by Hartmut Schörghofer is simple and very effective: a dark green marble floor with an inlaid labyrinth, a few changing features in its centre (sic), like a table for indoor spaces and an olive tree for the forest, the whole surrounded by hanging green curtains that open at will, and a corridor that leads somewhere behind the scenes - it doesn't need more. (…)What a delightful evening: lovely music, wonderful singing, deep questions and no answers, that's as it should be. Una Voce poco fa

 

 

Direction musicale Václav Luks
Mise en scène Ursel Herrmann
Collaboration à la mise en scène Rogier Hardeman & Markéta Richterovà
Scénographie Hartmut Schörghofer
Costumes Margit Koppendorfer
Lumières Premysl Janda

Clistene, roi de Sicyone Johannes Chum
Aristée, sa fille, princesse Simona Houda-Šáturova
Mégaclès, ami de Lisidas Raffaella Milanesi
Lisidas, ami de Mégaclès Tehila Nini Goldstein
Argène, noble crétoise Sophie Harmsen
Aminthe, précepteur de Lisidas Krystian Adam
Alcandre, confident de Clistene Helena Kaupová

Orchestre Collegium 1704

Production créée le 2 mai 2013 au Théâtre National de Prague

Production Théâtre National de Prague
Coproduction théâtre de Caen, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Opéra de Dijon

Mardi 4 JUIN 2013 à 20h00 (tickets)
Mercredi 5 JUIN 2013 à 20h00 (tickets)

DURÉE environ 2h50 & entracte
 
Introduction à l'opéra
par Monsieur Stéphane Gilbart des amis de l'opéra une demi-heure avant chaque représentation (en langue française)

Adultes 65 €, 40 €, 25 € / Jeunes 8 €

Lieu: Grand Théâtre / Grande Salle 

 [TICKETS]2013-06-04 20:00:00 13194+2013-06-05 20:00:00 13195