Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#45 Journal d'un corps

Lecture théâtrale de et avec Daniel Pennac

Adaptée de son roman "Journal d'un corps", paru chez Gallimard

[FR] Daniel Pennac a choisi un itinéraire qui n'est pas très long - du moins en distance - mais qui est finalement très aventureux puisqu'il raconte... le corps!

De treize à quatre-vingt-sept ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu un journal intime, le «Journal de son corps». Sa fille en est la légataire. Et nous qui nous sentons parfois si seuls dans notre corps, nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur, devient souvent matière à rire. Une idée géniale dont l'évidence s'impose curieusement.

Voilà un inventaire révélateur d'un hypocondriaque qui aurait découvert le moyen de prendre de la distance avec lui-même. Troublant, bouleversant, truculent. L'auteur de la Saga Malaussène signe un authentique chef-d'oeuvre en nous faisant partager les turpitudes du corps, cet esclave capricieux qui finit par diriger nos vies.

» Ni tout à fait un autre, ni vraiment lui, ce Journal d'un corps que nous offre Daniel Pennac n'est pas non plus un testament, plutôt une enquête sur un quotidien familier: le goût du résiné sur la tartine du goûter, l'odeur d'une femme ou d'une ruelle de Venise. Mais aussi le constat d'une peau qui vieillit, d'une tache indélébile sur une main d'homme, la fin du désir, les pertes de mémoire. Toute une vie mode d'emploi revue et corrigée du côté de l'église Saint-Médard qui vient de sonner dix-huit heures. L'heure de quitter le bureau pour rentrer à Belleville. L'Express

» On n'avait jamais lu si vibrant éloge de la masturbation que les pages 84 et 85 du dernier roman de Daniel Pennac, Journal d'un corps. Sans doute faudrait-il d'ailleurs dire «branlette» plutôt que masturbation tant le livre est cash, empathique, dénué de toute fausse pudeur. Rien n'échappe à la curiosité de son héros ni à la sagacité de son regard. Les pages en question évoquent ainsi, avec une précision d'entomologiste, cet instant subtil où tout va basculer, que le narrateur appelle le «passage de l'équilibriste»: la seconde où, «juste avant de jouir, je n'ai pas encore joui». Instant délicat s'il en est, qu'on voudrait indéfiniment prolonger. «Il faut être très prudent, très précis, c'est une question de millimètre, peut-être moins», s'enfièvre le narrateur. La remarque vaut aussi sur le plan littéraire, l'exercice stylistique sur un tel sujet étant lui-même périlleuse affaire d'équilibre. L'auteur, on l'a compris, s'en tire haut la main, si l'on ose dire! Et le roman tout entier est à l'avenant. Il s'intéresse précisément à ce que d'ordinaire la bienséance enjoint de taire. Grave autant que malicieux, car le sujet, mine de rien, est sérieux. Libération

» Il y a parfois chez Pennac ces coups de pouce séducteurs, ces scènes à faire qui tirent les ficelles de son personnage démuni. Mais plus on avance, plus l'artifice s'efface. Pennac semble broder à partir d'une solide expérience d'hypocondriaque. Le cœur du livre atteint un paroxysme inégalable avec des symptômes liés au nez et à des polypes! Des hémorragies, des opérations, suivies d'anémie, de zona, j'en passe. C'est l'hallali des narines. L'Iliade de nos tripes. Le Figaro

Avec
Daniel Pennac

Mise en espace Clara Bauer
Décors, costume & lumières Oria Puppo

Production C.I.C.T. / Théâtre des Bouffes du Nord, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

 Samedi 12 JANVIER 2013 à 18h00 (tickets)

DURÉE
environ 1h00 (pas d'entracte)

Adultes 10 € / Jeunes 8 € 

Lieu: Grand Théâtre / Studio

[TICKETS]2013-01-12 18:00:00 13398

Journal d'un corps (de et par Daniel Pennac) - aperçu de travail from Théâtre des Bouffes du Nord on Vimeo.