#05 MADAMA BUTTERFLY

Giacomo Puccini (1858-1924)

Livret Luigi Illica & Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de David Belasco,
Basée sur une nouvelle de John Luther Long
Créé au Teatro alla Scala de Milan, le 17 février 1904

En italien, avec surtitres en français & allemand

[FR] Les débuts ont été difficiles pour Madama Butterfly de Puccini. Lors de sa création, à la Scala de Milan, en février 1904, le public se déchaîne. Une cabale orchestrée par un éditeur rival ou une œuvre pas suffisamment achevée?

La Madama Butterfly qui triomphe à Brescia trois mois plus tard n’est plus la même en effet. Divisée à l’origine en deux longs actes, elle en compte désormais trois. Certaines scènes ont été coupées et un air a été écrit pour le tenor. Madama Butterfly s’impose ensuite très vite, «all over the world». Un siècle plus tard, la voilà à Luxembourg. Cio-Cio-San – Butterfly – Papillon, une jeune geisha, est «mariée» à Pinkerton, un lieutenant de la marine américaine, basé pour quelque temps à Nagasaki. Une «farce» pour lui, un engagement sans appel pour elle.

Mais Pinkerton disparaît; Madama Butterfly l’attend fidèlement. Un enfant est le fruit ignoré de leur union. Mais voilà qu’on annonce l’arrivée d’«un bateau blanc», celui de Pinkerton. Elle avait donc raison d’espérer. Hélas, le «mari prodigue» est accompagné de sa «femme américaine» et veut reprendre l’enfant dont il vient d’apprendre l’existence. C’en est trop, Madame Butterfly se fait hara-kiri.

L’intérêt l’œuvre va bien au-delà de son ancrage nippon, de sa couleur locale; elle est le long lamento d’une attente vaine et trahie, une variation nouvelle, transcendée par la musique, du thème éternel de «la jeune femme séduite et abandonnée».

Dans cet opéra en effet, la musique est merveilleusement expressive. Quand elle dit l’opposition entre les deux mondes, celui de l’Américain qui joue et celui de la jeune femme qui y croit de tout son cœur; quand elle chante tous les espoirs de Cio-Cio-San; quand elle pleure sa désillusion; quand, coup de théâtre, elle célèbre le retour du séducteur; quand elle est cri terrible ponctuant le suicide de Madama Butterfly.

Une œuvre bouleversante, Puccini au meilleur de lui-même!

» (L)a mise en scène aussi discrète qu’inventive et suggestive de Jean-François Sivadier permet d’en découvrir toute la richesse musicale et vocale. (…) Mais celle qui accomplit tout cela, c’est l’interprète de Butterfly : Serena Farnocchia : La soprano italienne, dans les modulations de sa voix et dans son jeu réussit à nous convaincre qu’elle est la petite jeune fille (…). Quelles belles et intenses émotions de qualité elle suscite ! (…) Quant au chef, Antonio Fogliani, il a stimulé l’OPL. Luxemburger Wort

» (…) ce qui provoque l’adhésion complète à cette production, c’est la mise en scène de Jean-François Sivadier. À cette tragique élégie, il a insufflé un rythme remarquable, dans le lentissimo comme dans le prestissimo, et une tension sans faille ; le tout dans une fluidité bienvenue. Operabase

» [Jean-François Sivadier] révèle [...] un sens du geste et de l’espace musical peu banal, respectueux de l’œuvre, en constante vitalité et clin d’œil au ludisme de la scène. Le Soir

» [...] plus que la lettre, c’est l’esprit du Japon qui est évoqué ici par quelques gestes, par une pudeur de sentiments et par quelques éléments de décors. Aucun kitsch, mais un dépouillement constant qui, lui non plus, n’est pas appauvrissement mais retour à l’essentiel. La Libre Belgique

» Sivadier met le doigt sur l’essentiel. Le Figaro

[DE] Kaum eine Puccini-Oper lässt so viele Interpretationsmöglichkeiten zu wie Madama Butterfly. Wer ist die junge Cio-Cio-San, die den amerikanischen Offizier Pinkerton scheinheiratet? Ein naives Mädchen, dessen Sehnsüchte und Hoffnungen missbraucht werden? Eine junge Frau, die die Chance beim Schopf packen will, aus elenden Verhältnissen herauszukommen? Das Opfer imperialistischer Skrupellosigkeit? Eine zwischen verschiedenen  Zivilisationen Zerriebene?

Fest steht nur: Am Ende tötet die junge Frau, die mit ihrem Kind von Pinkerton sitzen gelassen wurde, sich selbst. Ein spektakuläes Melodram, so sehen es viele Regisseure. Mit einem hochemotionalen Soundtrack von Puccini. Jean-François Sivadier geht anders herum vor: „Pathos raus“, lautet seine Devise, er führt das Stück auf die Klarheit einer griechischen Tragödie zurück. Schicksalhaft treffen zwei unterschiedliche Weltsichten aufeinander, das tödliche Ende ist unabwendbar.

Sivadier ist Schauspieler und Schauspiel-Regisseur, einer der profiliertesten in Frankreich. Die Butterfly war 2004 in Lille seine erste Opern-Arbeit, und dass diese Produktion bis heute im Repertoire ist, spricht fü ihre außerordentliche Qualität. Allzu oft macht Sivadier kein Musiktheater. Umso bemerkenswerter, dass die Wiener Staatsoper und das Festival Aix-en-Provence ihm die Inszenierung ihrer aktuellen Traviata anvertraut haben.

In der Hauptrolle darf sich das Publikum auf Serena Farnocchia freuen, an der Münchener Staatsoper mit ihrer Turandot-Liu als Entdeckung im italienischen Fach gefeiert. Die Mailander Scala und die Semperoper Dresden holten sie als Bohème-Mimi, Glyndebourne als Elvira in Mozarts Don Giovanni. Lille und Luxemburg erleben 2015 ihr Butterfly-Debut. Am Pult des OPL steht mit Antonino Fogliani ein absoluter Spezialist für das italienische Repertoire, der beim Label Naxos eine ganze Fülle von CD-Aufnahmen mit Rossini- und Donizetti-Opern eingespielt hat.

» Allen Gefühlslagen in Höhen, Tiefen, Freude und Verzweiflung vollauf gerecht werdend, stand ( Serena Farnocchia als Cio-Cio-San) den ganzen Abend im Rampenlicht. (…) Einen besonders delikaten Schmaus bot der von Yves Parmentier minutiös geleitete große Frauenchor in seinem atmosphärischen subtilen Untermalungsgesang. Im Graben imponierte seinerseits Antonino Fogliani an der Spitze des kompetenten Luxemburger Philharmonischen Orchesters, dem er besonderes Einfühlungsvermögen, Geschmeidigkeit und wuchtiges, ekstatisches Aufbegehren übertrug. Tageblatt

» Jean-François Sivadier kennt seinen Puccini bis in die Fingerspitzen. Seine feinsinnige Lesart des wohl perfektesten Librettos, das der Komponist je umgesetzt hat, holt die feinsten dramatischen Details an die Oberfläche und meidet dabei die Versuchung der marktschreierischen Um-Interpretation. Sivadier schaut seinen Protagonisten direkt in die Augen. concertclassic.com

[EN] There aren’t many operas that have such an enduring hold on popular imagination than Puccini’s masterpiece Madama Butterfly. The tragic story of the young Japanese geisha Cio-Cio-San whose desires and hopes are cruelly deceived by a visiting American naval officer continues to move audiences around the world. While her true identity and motivations leave considerable creative freedom, her cruel fate remains unchanged: betrayed and abandoned by Pinkerton she commits suicide at the end.

This production by French actor-director Jean-François Sivadier – whose recent productions of both Barbiere di Siviglia and The Misanthrope triumphed in France last season – was his opera debut back in 2004. This revival boasts a stellar cast including rising star Serena Farnocchia in the title role and Puccini-specialist Antonino Fogliani at the baton. All in all a truly fitting finale to the opera season at the Grand Théâtre.

[DIS]

Direction musicale Antonino Fogliani
Mise en scène Jean-François Sivadier   
Assistante à la mise en scène & collaboratrice artistique Véronique Timsit
Décors & costumes Virginie Gervaise
Lumières Philippe Berthomé
Création maquillage Cécile Kretschmar

Madama Butterfly (Cio-Cio-San) Serena Farnocchia
Suzuki Victoria Yarovaya
B.F. Pinkerton Merunas Vitulskis
Sharpless Armando Noguera
Goro François Piolino
Le Prince Yamadori / Le Commissaire Impérial Tim Kuypers
Le Bonze Ramaz Chikviladze
Le Serviteur Rachid Zanouda

Orchestre Orchestre Philharmonique de Luxembourg
Chœur Opéra de Lille
Chef de chœur Yves Parmentier

Production créée le 11 mars 2004 à l’Opéra de Lille

Coproduction Lille 2004 / Opéra de Lille, Opéra de Nancy et de Lorraine, Angers Nantes Opéra
Reprise en 2010 avec l'Opéra de Dijon
Reprise en 2015 réalisée en coproduction entre l'Opéra de Lille et le Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg

 

 

Vendredi 19 JUIN 2015 à 20h00 (tickets)
Mercredi 24 JUIN 2015 à 20h00 (tickets)
Vendredi 26 JUIN 2015 à 20h00 (tickets)

DURÉE 2h40 & entracte

Adultes 65€, 40€, 25€ / Jeunes 8€

Introduction à l’opéra par Monsieur Stéphane Gilbart des Amis de l’Opéra une demi-heure avant chaque représentation (en français)

Lieu: Grand Théâtre / Grande Salle

Représentations à Luxembourg en collaboration avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg

Notre partenaire pour les représentations au Luxembourg

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[TICKETS]2015-06-19 20:00:00 17841+2015-06-24 20:00:00 17842+2015-06-26 20:00:00 17843