#35 L'ANNONCE FAITE À MARIE

Paul Claudel
En français

À l'issue de la représentation du 10 octobre, l'équipe artistique de la pièce donne rendez-vous à son public pour une rencontre.

[FR] Yves Beaunesne est un habitué du Grand Théâtre, et beaucoup se souviendront de ses Lorenzaccio, Le Canard sauvage ou, la saison dernière, son inattendu et si convaincant Roméo et Juliette bilingue. Cette fois, un autre grand auteur de théâtre: Paul Claudel et sa première pièce à être jouée, en 1912, L’Annonce faite à Marie.

Au départ, il y a comme un drame domestique autour de la rivalité de deux sœurs: le père, Anne Vercors, soutient l’aînée, Violaine; la mère, la cadette, Mara. La cadette prend à l’aînée son fiancé, Jacques Hury. Mais il se passe que l’aînée, malgré la déchéance due à la lèpre causée par le baiser à Pierre de Craon, prête assistance à sa sœur, et c’est là que tout commence... Yves Beaunesne a choisi de porter à la scène la troisième version de l’œuvre: Violaine, en devenant plus sainte, devient plus humaine encore. Claudel a cherché l’irruption du divin dans l’humain.

Quand Paul Claudel écrit L’Annonce faite à Marie, il a l’intuition d’un «opéra de paroles» et il a la réalité d’un drame. C’est la confrontation entre une poésie brute et terrienne et la présence d’un lyrisme marqué par la passion charnelle et mystique.

C’est pour cette raison qu’Yves Beaunesne a demandé au compositeur Camille Rocailleux de créer une partition qui dialogue avec les acteurs et qui donne à entendre une matière qui est comme un champ de résonance pour le texte. L’aboutissement: une vraie proposition de théâtre musical dans toute sa richesse lyrique. Les musiciens sont sur le plateau sans être en interaction directe avec les acteurs; il s’agit de travailler sur des masses sonores, parfois transformées avec des effets de mises en écho, de répétitions, de réverbérations, d’étirements, de bruitages, de brouillages.

» La mise en espace et les indications de jeu disent si bien les personnages et les situations [...]. [...] Un rôle important est accordé aux sons, à la musique : Yves Beaunesne [a commandé] à Camille Rocailleux une partition – magnifique – interprétée par deux violoncellistes et les comédiens eux-mêmes. Et tout cela en effet ne serait tel s’il n’était emporté, multiplié par ces comédiens: la Mara si noire malgré sa blondeur lumineuse de Marine Sylf; le père «appelé» lui aussi, à la si forte présence de Jean-Claude Drouot. Et l’on n’oubliera pas, superbe incarnation, «la douce Violaine», si frêle et si forte, transcendant l’épreuve, jeu, voix et chant, de Judith Chemla. Luxemburger Wort

» À travers le jeu formidable, à la sensibilité et intonation adéquates des comédiens, resteront en mémoire, à côté du talent dramatique de l’auteur, des scènes d’une saisissante beauté théâtrale ainsi que d’époustouflantes prestations individuelles. [...] Au vif et prenant verset claudélien, s’associe en parfait appui atmosphérique, l’illustration musicale de l’ingénieux Camille Rocailleux et de son ensemble incantatoire, [...]. Un brillant petit opéra, glissé avec astuce dans les sombres méandres du malheur humain. Tageblatt

» Les comédiens sont tous de fortes personnalités, impressionnantes comme les personnages venus d’un autre monde et qui pourtant nous touchent au plus profond. [...] Judith Chemla est une Violaine d’une vérité déchirante. On n’oubliera pas de sitôt ses soupirs de sainte et ses cris de fée... Le Figaro

» Yves Beaunesne [...] met en scène cette Annonce comme un «opéra de paroles», tel que l’avait souhaité Claudel. [...] Portée par les chants sacrés intemporels composés par Camille Rocailleux, cette Annonce est belle comme un mystère du Moyen Âge, faisant rouler dans son fleuve limpide les mystères de la foi et de l’amour, de la maladie qui ronge les corps et les âmes, de la grâce, de la joie et de la dépossession. Le Monde

» Yves Beaunesne et sa splendide troupe de comédiens – tous unis dans une même ardente et lumineuse simplicité, une même tension entre drame et mystère, chant et prière – réussissent à bouleverser et à transporter haut, très haut, leur public, à travers un spectacle qui amène doucement à l’indicible, à l’impossible... Télérama

» Dans sa mise en scène de Roméo et Juliette, Yves Beaunesne a organisé une superbe rencontre entre une Juliette flamande et un Roméo wallon si vieux aux haines recuites. [...] Et quand les uns et les autres essaient de parler l’autre langue, leurs hésitations densifient leurs propos. Comme ils sont émouvants, Juliette et Roméo, quand ils tentent de trouver les mots poétiques de la langue de l’autre pour lui dire leur amour! Luxemburger Wort

» [Yves Beaunesne] a eu l’audace de ressusciter – en respectant intégralement le texte de William Shakespeare – un Roméo devenu Wallon et une Juliette Flamande... Son audace ne s’arrête pas là: sur scène le premier parle français et la seconde néerlandais, avec sous-titrage pour les deux. [...] Au-delà de son message «politique», ce Romeo et Juliette en version belge reste aussi un beau travail théâtral. Le Monde

[DIS]

Avec
Pierre de Craon
Damien Bigourdan
Violaine Judith Chemla
Jacques Hury Thomas Condemine
Anne Vercors Jean-Claude Drouot
La Mère Fabienne Lucchetti
Mara Marine Sylf

Violoncelle Myrtille Hetzel
Violoncelle Clotilde Lacroix

Mise en scène Yves Beaunesne
Dramaturgie Marion Bernède
Scénographie Damien Caille-Perret
Lumières Joël Hourbeigt
Création musicale & partition Camille Rocailleux
Maîtrise de chant Haïm Isaacs
Création vidéo Mammar Benranou
Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Maquillages Catherine Saint-Sever
Assistanat à la mise en scène Marie Clavaguera Pratx & Amélie Chalmey
Régie générale & son Olivier Pot
Régie lumière Pascal Laajili
Régie plateau Eric Capuano
Habilleuse, coiffure & maquillage Catherine Bénard

Production Comédie Poitou-Charentes, Centre dramatique national
avec le soutien de la Drac Poitou-Charentes, de la Région Poitou-Charentes et de la Ville de Poitiers
Coproduction Le Théâtre d’Angoulême/Scène Nationale, La Comédie de St-Étienne/Centre dramatique national, Le Moulin du Roc/Scène Nationale de Niort, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg
En coréalisation avec CICT/Théâtre des Bouffes du Nord
Avec le soutien du Théâtre 71/Scène Nationale de Malakoff – Les Tréteaux de France/Centre dramatique national – Le Tarmac et la participation artistique du JTN
Avec nos remerciements à l’Opéra Bastille et le Théâtre de la Colline

 

Vendredi 10 OCTOBRE 2014 à 20h00 (tickets)
Samedi 11 OCTOBRE 2014 à 20h00 (tickets)

DURÉE 2h20

Adultes 20€ / Jeunes 8€

Lieu: Grand Théâtre /Studio

[TICKETS]2014-10-10 20:00:00 17715+2014-10-11 20:00:00 17716