#65 À PORTÉE DE CRACHAT

De Taher Najib
En français

À l'issue de la représentation du 23 avril, l'équipe artistique de la pièce donne rendez-vous à son public pour une rencontre en présence de l'auteur Taher Najib (en anglais).

[FR] De Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton d’une ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien confronté, partout où il va, à des images de lui-même qui lui sont étrangères: celle du guerrier arabe vengeur et victorieux, aux yeux de son public de Cisjordanie; celle du musulman, djihadiste en puissance, dans les aéroports internationaux; celle du terroriste dans son propre pays, Israël, où de toute façon, il n’est jamais perçu comme un citoyen de plein droit.

Comment définir son identité quand on est israélien et arabe? Comment avancer quand à chaque pas, on est soupçonné d’être un danger pour autrui? Quand on n’est jamais celui qu’on est censé être? Comment assumer alors son «être»? C’est ce que tente de faire jusqu’au bout et «sans perdre son sang-froid» le personnage d’ À portée de crachat.

Il va dire avec force et en toute honnêteté la réalité de ce monde fou. Et pour répondre à l’incompréhension, au mépris, au rejet, il a choisi la poésie des mots, l’ironie plutôt que la violence, le rire plutôt que les crachats, les mots plutôt que les bombes.

Il donne à entendre l’absurde de ce monde en morceaux. Il donne à voir l’amour comme refuge.

On peut donc être à la fois palestinien et israélien? Prouvez-le-moi! On m’a demandé de prouver que j’étais bien moi... et j’ai échoué lamentablement.

Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, «pour être certain qu’ils comprendraient ce que je racontais», avant de la traduire en arabe. Il ouvre un dialogue...

» (Dans la mise en scène de Sophie Langevin) tout est scéniquement exprimé et bien exprimé (…). Denis Jousselin, toujours aussi talentueux – il porte la pièce –, qui disait-dénonçait, se plaît alors à renverser son jeu – jusqu’à la farce. Luxemburger Wort

» Le comédien Denis Jousselin se glisse dans la peau du narrateur avec un naturel désarmant, une aisance surprenante ; (…). Denis Jousselin maîtrise l’art de donner vie au texte par sa voix et son corps. Sophie Langevin, qui signe la mise en scène et la scénographie, met en valeur dans un travail très ciselé – souligné par les effets lumière de David Debrinay et la création sonore de Patrick Floener – les divers aspects du texte, du côté fermé, étouffant, en passant par le drôle et le léger (…). Le Jeudi

» Avec une grande économie de moyens, Sophie Langevin fait naître une ambiance de claustration. D’Lëtzebuerger Land

» Radicale. La première définition qui vienne à l’esprit à la fin de la performance de Denis Jousselin, une heure et quart d’un monologue quasi immobile, c’est celle-là: Sophie Langevin a opté non seulement pour une pièce radicale mais aussi pour une adaptation radicale. Avec Denis Jousselin, elle a pu relever le défi: ils ont fait un travail d’orfèvre en faisant respirer le texte et arrivant à rendre la langue de Koltès si limpide et naturelle. D’Lëtzebuerger Land à propos de La nuit juste avant la forêt

» Mais si le texte nous touche tant, c’est grâce à la mise en scène de Sophie Langevin, d’une remarquable pertinence. À l’image du texte, elle est ouverte. Ce qu’elle nous donne à voir réalise ce que Koltès nous donne à entendre. [...] Et surtout, il y a Denis Jousselin. Ce qui est remarquable chez lui, c’est comment, pour chacun de ses rôles, il se met humblement au service d’un texte et de la lecture qu’on en fait, et comment, s’effaçant dans son personnage, il l’impose absolument. Quel comédien! Luxemburger Wort à propos de La nuit juste avant la forêt

» Sa lecture de la pièce est celle d’une urgence, elle lui a insufflé un rythme endiablé [...]. La mise en scène [de Sophie Langevin] est esthétique et poétique à la fois. D’Lëtzebuerger Land à propos de Hiver

[DIS] 

Avec Denis Jousselin

Mise en scène Sophie Langevin
Création lumière David Debrinay
Création sonore Patrick Floener
Costumes Michelle Bevilacqua
Assistant mise en scène Jérôme Konen

Production Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

À portée de crachat de Taher Najib (éditions Théâtrales) a été traduit de l'hébreu par Jacqueline Carnaud.
Texte publié aux éditions Théâtrales. éditeur et agent de l'auteur.  

Jeudi 23 AVRIL 2015 à 20h00 (tickets)
Mardi 28 AVRIL 2015 à 20h00 (tickets)

DURÉE inconnue, spectacle en création

Adultes 20 €, 15 €, 8 € / Jeunes 8 €

Lieu: Théâtre des Capucins

[TICKETS]2015-04-23 20:00:00 17814+2015-04-28 20:00:00 17815