Boulevard des Ogresses
Un spectacle de 4 Litres 12
samedi 12 avril 2008 à 20h
Adultes 20 € - Jeunes 8 €
Théâtre des Capucins
Mise en scène Michel Massé - Lumières Jean-Christophe Cunat
Avec Michel Massé, Odile Massé, Laëtitia Pitz
Production Compagnie 4 Litres 12
Du boulevard au fantastique, nous avons joué avec les mécanismes et les personnages conventionnels du vaudeville - la femme, le mari, la maîtresse, l'amant, la bonne... - et nous les avons mis sur le plateau, sous les traits d'un homme et de deux femmes.
Nous les avons fait émerger d'une flaque d'eau originelle ; nous les avons jetés dans l'arène, sur la scène. Là, entre une table d'apparat et une potence de pacotille, aux prises avec un vaudeville approximatif, ils ont commencé à bouger, à vivre leur propre vie et à vouloir joyeusement en profiter. Ils ont ouvert la bouche et, entre des phrases courtelinesques et des textes d'Odile Massé, ils nous ont parlé de la duperie, de la manipulation, de la bêtise et de la vanité, du désir obscène de profit, pour nous aider à les tourner en dérision.
Et plus nous avancions avec eux dans le travail d'improvisation, plus ils nous conduisaient derrière leurs rituels et leurs masques sociaux, derrière leurs jeux, leurs quiproquos, leur ridicule, jusqu'à la brutalité des relations humaines, jusqu'à la peur et à la dévoration, jusqu'au terrible appétit qui anime le désir de domination.
Ils ont mâché la parole et l'ont mise en lambeaux et nous ont ainsi entraînés plus loin, vers le Grand Guignol ; et plus loin encore, vers les images de Goya et de Bruno Schulz ; et enfin, tout au fond de la mémoire, chez les monstres des contes et des cauchemars d'enfants.
Alors, comme dans la vie, les personnages ont commencé à s'entredévorer gaiement. À leur suite, chacun sera dupé, chacun trompera les autres, chacun montrera ses crocs. Ils iront jusqu'au bout de leurs travers, retourneront leurs beaux atours pour laisser entrevoir leur pauvre humanité monstrueuse ; et, dans leurs absurdes tentatives de survie, ils joueront à s'autodétruire jusqu'à tenter de retrouver une innocence inconnue.
À côté du couple fondateur de 4 Litres 12, l'ogresse blonde est Laëtitia Pitz, metteur en scène et comédienne. Où les trois protagonistes se vautreront dans la duperie, la manipulation, la bêtise, la vanité, le « désir obscène du profit » pour mieux les tourner en dérision et mieux dénoncer le sport mondial ambiant qui fait que « tout le monde mange tout le monde ». Bref, le libéralisme triomphant mis au pilori. « Il va falloir lire entre les lignes » avertit tout de même Odile Massé. C'est-à-dire entre les phrases courtelinesques et les textes tirés de l'un de ses livres, La Vie des Ogres. L'Est Républicain