Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#02 EGISTO

Pier Francesco Cavalli (1602-1676)
Favola Drammatica musciale en un prologue et 3 actes sur une livret de Giovanni Fautsini
Créée en 1643 au Teatro San Cassiano de Venise

En Italien, avec surtitres en français & allemand

[FR] Clori et Egisto, Climène et Lidio s'aimaient naguère, mais le destin les a séparés, un destin malicieusement versatile puisqu'il a décidé de les réunir à nouveau. Mais cette réunion ne se fera évidemment pas sans peine: quelles réticences, quels espoirs déçus, quelles douleurs, quelles colères vengeresses! Egisto manquera même d'y laisser la raison! Les dieux s'en mêleront. Et le pauvre Amour connaîtra des moments difficiles quand il tombera aux mains de quelques-unes de ses célèbres victimes mythologiques.

Tel est ramené à l'essentiel de son intrigue aussi compliquée qu'attendue l'argument d'Egisto, le septième opéra, créé à Venise en 1643, de Pier Francesco Cavalli, un compositeur qui, avec une trentaine d'opéras proposés d'abord à Venise et triomphant ensuite à Naples, Vienne ou Paris, va imposer le genre naissant.

Cavalli est bien connu à Luxembourg où l'on n'a pas oublié l'anthologique Callisto, reconstituée et dirigée par René Jacobs, et mise en scène par Hubert Wernicke, ou, il y a deux saisons, sa Didone confiée à William Christie et à son ensemble des Arts Florissants.

Egisto est aussi l'occasion d'autres retrouvailles, avec Benjamin Lazar dont on se rappellera les mises en scène du Sant'Alessio de Landi et de Cadmus et Hermione de Lully, deux superbes recréations des représentations originelles.

Cette fois encore, il invite les spectateurs à voyager dans le temps: c'est à la lumière «naturelle» des bougies que, revêtus de somptueux vêtements - or, broderies, dentelles - révélateurs de leur rang et de leur rôle, les dieux et les hommes tenteront de trouver la meilleure fin qui soit, celle qui permettra aux deux couples enfin reconstitués de s'exclamer: «Amour ne te séparera jamais plus de moi, Amour ne me séparera jamais plus de toi - Aimons donc, aimons donc!»

De jeunes et belles voix incarnent ces héros-là, accompagnées et stimulées par Vincent Dumestre, qui a reconstitué la partition, et son ensemble Le Poème Harmonique, déjà chaleureusement applaudis au Grand Théâtre à l'occasion des représentations de Cadmus et Hermione.

» La distribution est des plus sélectes : il y a des assortiments lyriques et, pour faire contrepoids, des timbres plus graves et plus dramatiques. L’atmosphère feutrée est un peu rompue (pas à notre déplaisir) par la rhétorique musclée er les ressources variées de Marc Mauillon et d’Isabelle Druet qui campent un Egiste et une Clymène débordant de sève. Luxemburger Wort

» L’Egisto de Cavalli peut se targuer, dans la présente version, de l’imagination subtile du metteur en scène Benjamin Lazar et de la finesse et habileté musicales de Vincent Dumestre. Tageblatt

» [Le regard attentif de Benjamin Lazar] sur cet opéra des origines, son analyse et sa réflexion sur les modes de représentation d’alors, ses conclusions créatrices, vont lui permettre d’en proposer une véritable recréation, qui réunit le passé et le présent, et qui de ce fait interpelle un spectateur amené à reconsidérer ses habitudes de perception et d’expression. [...] Les jeunes chanteurs sont remarquables d’engagement et de talent dans leurs «prises de rôles». Quant à Vincent Dumestre, il a superbement reconstitué une partition parcellaire, qu’il fait réellement vivre – et de belle vie – avec son Poème Harmonique. Opérabase.com

» Casting away the pitfalls of historicism, his historical accuracy does not intend to provide a pale dummy of a Baroque opera, but rather gives birth to a creature that never existed before, an imperfect and fascinating reflection of a lost world composed of echoes and illusions. In the farcical tragedy of Egisto, Lazar has found a perfect vehicle to realise his compelling artistic discourse. [...]All the singers were equally committed to a highly demanding, multifaceted method that combines body, gesture, voice and text. Marc Mauillon stood out as a brilliant Egisto, with his clear voice of lyric baritone and some powerful phrasing in his mad scene. Cyril Auvity, a brilliant specialist in 17th-century opera, seemed nevertheless uncomfortable in the ungrateful role (and tessitura) of Hipparco. On the other hand, Ana Quintans, with a childish presence and a perfect control of vibrato, was in her element as Amore. The pleasant surprise of the night was 26-year-old Reinoud Van Mechelen, a talented champion in the rediscovery of the Baroque French tenor (or haute-contre), in the role of Lidio. Bachtrack.com

» [...] tout amateur de peinture baroque jubile de retrouver, sur scène, un intime écho visuel aux tableaux de son cœur. [...] La part musicale est digne de beaux éloges. ResMusica

» Egisto, un opéra sur l'amour et la folie? Mieux, un opéra à aimer à la folie. Télérama

» Le chef Vincent Dumestre, à la tête du Poème Harmonique, et le metteur en scène Benjamin Lazar donnent avec cette rareté baroque de Cavalli, représentée pour la première fois en 1643, une boîte noire implosive, un nuancier concentré en forme de paquet cadeau. [...] Marc Mauillon est Egisto: baryton câlin qui excelle dans la douleur comme la fureur. Libération

» Dumestre n'a pas son pareil pour faire naître la poésie à partir des seuls instruments, et ceux du Poème Harmonique sonnent avec une harmonie et une volupté constamment expressives, en même temps qu'une fluidité qui contourne l'écueil de la longueur et de la monotonie. Le Figaro

[DE] Mit der Produktion der Oper Egisto, einem frühen Werk des italienischen Barock-Komponisten Francesco Cavalli, treffen zwei wesentliche Profil-Linien der letzten Jahre im Grand Théâtre erstmals aufeinander.

Da ist zum einen das ungewöhnliche szenische Konzept des Regisseurs Benjamin Lazar und der Bühnenbildnerin Adeline Caron. Sie gestalten Opern mit den stilistischen Mitteln ihrer Entste-hungszeit. Bewegliche, von Menschen in Betrieb gesetzte Elemente, Kerzen als Leuchtkörper, Spiegel, historische Kostüme: Diese außergewöhnliche Ästhetik begeisterte schon häufiger das Luxemburger Publikum, etwa bei Landis Sant'Alessio und Lullys Cadmus et Hermione.

Für die andere Linie steht der Komponist Cavalli. Schon bei der Wiedereröffnung des Grand Théâtre vor zehn Jahren spielte er mit der sagenumwobenen Herbert-Wernicke-Inszenierung von La Calisto eine elementare Rolle, später war Didone in einer schrägen Interpretation der Wooster Group, aber auch in der klassischen Fassung mit William Christie und seinen Arts Florissants vertreten.

Nun entfalten Cavallis packende, schon auf Händel hindeutende Musik und Lazars magische Bilder ihre Wirkung zum ersten Mal gemeinsam.

Für die musikalische Umsetzung zeichnet Vincent Dumestre an der Spitze seines Orchesters Le Poème Harmonique verantwortlich, jener französische Dirigent, der in Luxemburg nicht nur für seine Opern-Interpretationen gefeiert wurde, sondern auch für das spektakuläre Projekt Le carnaval baroque.

Egisto, das ist die Sagen-Geschichte des gleichnamigen griechischen Göttersohnes (nicht zu ver- wechseln mit Ägisth, dem Mörder Agamemnons) und seiner turbulenten Liebes-Abenteuer. 1643 bescherte die Uraufführung in Venedig dem Komponisten einen riesigen Erfolg, der sich in ganz Europa fortsetzte - sogar Sonnenkönig Louis XIV soll ein Fan gewesen sein.

Bei der Erstaufführung der neuen Produktion in der Pariser Opéra Comique wurde die junge Besetzung von der Kritik besonders hervorgehoben. Vor allem Bariton Marc Mauillon in der Titelrolle mit Lob regelrecht überschüttet.

» In Barockkostümen mit Allongeperücken stecken freilich heutige Menschen mit jähen Gefühlsausbrüchen, mit Schmerz, Leid, Freude [...] So wurde jetzt für ein heutiges Publikum ein weiteres Steinchen ins große, noch unvollständige Mosaik lohnender Barock-Ausgrabungen hinzugefügt. Opernwelt

[EN] Pier Francesco Cavalli's opera of love, intrigue and misadventure is part of an impressive repertoire written by the prolific Italian composer between 1639 and 1673. Unfortunately very few of his operas are preserved today. Some of his major works have been presented at the Grand Théâtre before - La Calisto in 2003 and more recently La Didone in 2011 with William Christie and his Arts Florissants. It reunites the same creative team that was behind Landi's Sant'Alessio and Lully's Cadmus et Hermione: director Benjamin Lazar, conductor Vincent Dumestre and his Poème Harmonique.

[DIS]

Direction artistique & musicale Vincent Dumestre
Mise en scène Benjamin Lazar
Scénographie Adeline Caron
Costumes Alain Blanchot
Lumières Christophe Naillet
Maquillage & coiffures Mathilde Benmoussa
Assistante à la mise en scène Elizabeth Calleo
Assistant musical, répétiteur Marouan Mankar Bennis

Egisto Marc Mauillon
Lidio Reinoud Van Mechelen
Clori Claire Lefilliâtre
Climene Isabelle Druet
Hipparco Cyril Auvity
Aurora, Amore, Prima Hora Ana Quintans
Notte, Dema Serge Goubioud
Didone, Volupia Luciana Mancini
Bellezza, Hero Caroline Meng
Venere, Fedra Mélodie Ruvio
Semele, Cinea Hasnaa Bennani
Apollo David Tricou

Orchestre Le Poème Harmonique

Production Opéra Comique (Paris)
Coproduction Opéra de Rouen-Haute Normandie, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Le Poème Harmonique

Jeudi 5 DÉCEMBRE 2013 à 20h00 (tickets)
Samedi 7 DÉCEMBRE 2013 à 20h00 (tickets)

DURÉE 2h25 & entracte

Introduction à l'opéra par Stéphane Gilbart des Amis de l'Opéra et le metteur en scène Benjamin Lazar une demi-heure avant chaque représentation (en langue française)

Adultes 65 €, 40 €, 25 € / Jeunes 8 €

Lieu: Grand Théâtre / Grande Salle

[TICKETS]2013-12-05 20:00:00 15811+2013-12-07 20:00:00 15812