[FR] Nul ne contesterait son surnom de «mère de la danse contemporaine africaine». À 67 ans, Germaine Acogny, le sourire éblouissant, le geste délié et la pensée libre, transmet son savoir dans son École des Sables au Sénégal. Et elle continue à chorégraphier et à danser. Outre le fait d'être danseuse et pédagogue, elle a toujours cultivé des liens entre l'Afrique et l'Europe.
Le même esprit de dialogue et de collaboration qui se retrouve dans son école et son oeuvre tout entière est au coeur de son solo Songook Yaakaar, pour lequel Germaine Acogny s'est entourée de complicités artistiques d'horizons différents. Au plus proche d'un sentiment, d'une nécessité intérieure, elle y danse ses «échos d'Afrique», et pour la première fois se saisit des mots pour offrir un cri du temps présent. Car, en Afrique, il y a un âge pour prendre la parole. Un âge pour dire les mots qui portent, et aussi ceux qui grondent. Ceux qui adoucissent. Ceux qui hurlent, assagissent, pleurent, apaisent et ragent.
Avec le désir d'investir le réel, l'actualité, elle s'est entourée d'une sorte de famille idéale présente sous forme de matériaux littéraires, témoignages et complicités de création. Parmi ceux-ci de grands écrivains sénégalais engagés - tant du point de vue de la langue que des réalités sociales - Boubacar Boris Diop et Cheikh Aliou Ndao, mais aussi le chorégraphe Pierre Doussaint, autre «acharné» de la générosité, Fabrice Bouillon LaForet et Frédéric Koenig.
Songook Yaakaar est un solo, dansé, parlé, soutenu par la vidéo, engagé et universel, africain et très personnel. C'est la danse des mots, une prise de parole, sur l'Afrique, ses grandeurs et ses failles, sans apprêt, ni violence, mais tout simplement courageux.
» Depuis longtemps, je cherchais comment répliquer à ceux qui parlent de l'Afrique à tort et à travers. Aujourd'hui, je le fais avec les gestes de ma danse, accompagnés de mots glanés ici et là. J'ai toujours pensé que la vie exprimée par la danse était l'image véritable de notre continent plus qu'aucune langue ne peut le faire. J'ai choisi de «danser en plaisanterie», une coutume vivante en Afrique de l'Ouest permettant de se moquer de soi-même sans épargner les autres. Senghor disait: «L'Afrique apporte le rire au monde!» Mon arme, c'est ma chaloupe, c'est ma danse bénie par les dieux de mes ancêtres. Je danse au-delà des mots et des maux, pour affronter l'espoir de mes Afriques et défendre mes joyeux intérêts. Puissiez-vous les partager avec moi. Germaine Acogny
CONCEPTION & DANSE Germaine Acogny
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Vendredi 8 JUIN 2012 à 20h00 (tickets)
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