Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#46 Tue-Tête remplacé par L'ORAL ET HARDI

Chers amis des Théâtres de la Ville de Luxembourg,

Nous sommes au regret de vous annoncer que le spectacle «Tue-Tête» de Judith Chemla le mardi 18 octobre 2011 à 20h00 au Théâtre des Capucins ne pourra avoir lieu, l'actrice étant souffrante. En effet, pour des raisons de santé, elle a dû annuler les prochaines dates de sa tournée et sera absente des planches pour une durée de 2 mois.

Heureusement, un autre spectacle nous a été proposé, qui, nous semble-t-il, devrait également vous ravir. Il s'agit de L'ORAL ET HARDI, une allocution poétique sur des textes de Jean-Pierre Verheggen, mise en scène et jouée par le merveilleux Jacques Bonnaffé. La date de la représentation sera ainsi maintenue, mais bien évidemment avec le spectacle de Jacques Bonnaffé et non plus celui de Judith Chemla.

Si ce spectacle vous convient, vous pourrez accéder à la salle avec les tickets dont vous disposez déjà. Si toutefois cette pièce ne devait pas vous convenir, n'hésitez pas à contacter Luxembourg Ticket.lu, c/o Grand Théâtre, 1, Rond-point Schuman, L-2525 Luxembourg (ouvert du lundi au vendredi entre 10h00 et 18h30) afin de procéder à un échange ou vous faire remettre un bon de la valeur de votre ticket.

Nous vous remercions d'avance pour votre compréhension et espérons vous accueillir bientôt aux Théâtres de la Ville.

 

Votre équipe des Théâtres de la Ville de Luxembourg


 

Jacques Bonnaffé et compagnie faisan présentent,

L'ORAL ET HARDI
Allocution Poétique. Textes de Jean-Pierre Verheggen

Le mardi 18 octobre 2011 à 20h00 au Théâtre des Capucins

[FR] Allocution poétique sur des textes de Jean-Pierre Verheggen. Quelques «soi-disant» mots de présentation qui s'envolent vers des partitions oratoires à n'en plus finir. Le goût du tour de force forain habite ces textes ainsi que leur grande érudition, triviale joyeuse et savante. 

"Avant de prendre la parole, j'aimerais vous dire ces quelques mots. D'abord un bain de foule, on serre les mains. On se fait acclamer pour aussitôt protester de sa modestie, gagner la tribune et s'y perdre en circonvolutions poétiques: L'oral et Hardi, discours de campagne d'un éventuel non-candidat probable, parcours entamé au gré des festivals d'été, prolongé en soirée-concert jusqu'à devenir à Paris ville allocution poétique, fin de campagne à la maison… de la Poésie. La langue m'échappe depuis toujours. Je n'arrive pas à la saisir. Je confonds tout: Freud et Fred, le danseur de claquettes ou, aujourd'hui Tintin et Desmond Tutu, Madame Bovary et Monsieur Bovidé. Ou Tirésias et Mamelle, j'en passe et des plus belges… Cette mésaventure des lapsus et des sons, cette faute de frappe au bord des lèvres nous ressemble, au Nord. Plus rare est l'idée de s'obstiner dans l'erreur et d'en faire quelque grande chose. Cela donne dans mon coin le personnage de Jules Mousseron - Zeph Cafougnette, celui qui cafouille - joué pendant des années avec La Fanfare. Qui me ramène outre frontière à Verheggen lorsqu'il ajoute Je suis un handicapé de la langue, un languedicapé de naissance. 

On peut écrire ce qu'on veut sur l'œuvre de Jean-Pierre Verheggen, qu'elle est grandiose, unique, féconde ou fondatrice, provocante, réjouissante, inégalable, publiée, consultée et reconnue par tous les grands lecteurs de poésie contemporaine ou les vrais amateurs d'art, il reste toujours à la faire entendre. La livrer en scène.

L'oral et Hardi, portrait de l'artiste en hercule de foire, regroupe quelques grands textes étonnants de Verheggen, ses odes homériques, ses harangues, ses transes linguistiques, ses morceaux de brave homme, ses discours manifestes. Jean-Pierre a le goût du grand souffle épique, même quand ses thèmes ont allure de jeux de mots. Marcel Moreau a raison d'écrire qu'il est une sorte de bienfaiteur et d'ajouter pourtant, il a de quoi faire peur, avec son couteau à découper le vocabulaire, avec sa scie à tronçonner la syntaxe, avec ses tâches de grammaire sur son tablier. Mais voilà, ce n'est pas un boucher. Verheggen s'est lancé depuis quarante ans dans la grande aventure de l'ouissance, à la fois jouissance de l'oreille et jouissance par l'oreille [selon André Velter], il n'a cessé de mener à bride abattue l'une des plus toniques chevauchée verbale […] Poète phénomène poète énergumène, il est l'inventeur d'un genre nouveau, l'opéra bouche." (Jacques Bonnaffé)

» Jacques Bonnaffé est un amoureux des mots et, comme il est d'un tempérament généreux, il a fait fructifier le don de faire partager sa passion. Partant des textes de Verheggen, il a réalisé un spectacle qui tient du burlesque, de l'art du clown, du slam et de l'engagement politique ce qui, en cette période de mépris des politiques pour la culture tient de l'urgence. Son spectacle, littéralement explosif, où il fait preuve d'une truculence rabelaisienne, est un petit régal. […] Elle enchantera un public friand de grands numéros d'acteurs, mais aussi des jeunes, qui se délecteront à voir se déchaîner un mec jamais avare de son énergie. Télérama

» Coureur de fond et acrobate, Jacques Bonnaffé, avec sa simplicité d'aristocrate de la littérature, nous transmet les folies Verheggen avec un art délicat des nuances […]. C'est d'une cocasserie immédiate et cette tension spirituelle ne retombe jamais. […] À la fin, les grands rêveurs, inédit écrit pour «la bouche de Jacques Bonnaffé», est comme une grande bourrasque fantastique qui nous projette au ciel des mots et des étoiles, fourbu, ébloui, heureux. Le Figaro

» Bonnaffé, qui a conçu le spectacle à partir de plusieurs livres de Verheggen, aime la parodie sérieuse et l'explosion ininterrompue. La soirée débute comme une fausse cérémonie officielle puis libère ses feux de joie: la vision de l'être humain vivant au plus vif de son corps, les élucubrations du poète se peignant en «Castafiore catastrophique». Bonnaffé, grandiose, mène un combat ruisselant et, avec ce Rabelais du Nord, porte à la même fusion l'amour et la colère, laissant le spectateur percuté, ébloui, étourdi. Les Echos

» Jacques Bonnaffé ne fait décidemment rien comme tout le monde. Il entre en scène en surgissant de nulle part, il s'attarde, bégaie même, engoncé dans un costume gris souris et des souliers vernis [...]. Verheggen défie la poésie bien-pensante, raille les académismes de tout poil, pourfend le lyrisme de bon aloi, échafaude des barricades où l'on se jette des mots à la tête pour résister. La langue du poète belge ne renonce pas; elle devient manifeste pour jeunes gens qu'elle appelle de toutes ses forces à se rebeller, à prendre d'assaut la langue, la pensée, la vie [...]. Car c'est de la vie qui court dans cette poésie, à la fois érudite et populaire, drôle et inquiète [...]. L'Humanité

» Jacques Bonnaffé, marathonien des mots. L'Oral et Hardi, c'est un solo burlesque et une allocution poétique. L'acteur y hisse haut le verbe singulier de Jean-Pierre Verheggen. Joue avec la langue et se joue d'elle. Le Point

JEU & MISE EN SCÈNE Jacques Bonnaffé

SCÉNOGRAPHIE Michel Vandestien
LUMIÈRES Orazio Trotta 
MUSIQUES Louis Sclavis (extraites de l'album «La moitié du monde»)
COLLABORATION SONORE Bernard Vallery
RÉGIE GÉNÉRALE Eric Da Graça Neves & Gaëtan Lajoye

Jacques Bonnaffé porte un costume Agnès b.

PRODUCTION Cie Faisan - Jacques Bonnaffé

Mardi 18 OCTOBRE 2011 à 20h00 (tickets)

Durée 1h20 (pas d'entracte)
Adultes 20 € / Jeunes 8 €

Lieu: Théâtre / Capucins