[FR] Georges Feydeau! Des quiproquos à la tonne, des portes qui claquent, des «Ciel, mon mari! Ciel, ma femme!» Un théâtre d'hier? Non! Feydeau est bien davantage que le simple «auteur de vaudevilles» qu'une tradition de «théâtre de boulevard» a - si lourdement souvent - imposé.
Plutôt que de souligner leurs effets, il faut mener au grand galop ses intrigues au délire absolument maîtrisé. Et c'est alors que le rire retrouve toute sa légèreté, qu'il redevient bonheur espiègle, qu'il emporte. Mais c'est alors aussi que l'incommensurable «bêtise bourgeoise» de ce temps lointain-là, dont Feydeau était le redoutable observateur-dénonciateur, apparaît en fait comme significative de l'éternelle «bêtise humaine», la nôtre donc: «Si cela entre par une oreille et si cela sort aussitôt par l'autre, c'est parce que, entre les deux, il n'y a rien pour le retenir.»
C'est ce Feydeau-là, «restauré» comme on le dit d'un tableau rendu à ses couleurs premières, débarrassé des multiples couches de vernis et de la crasse qui l'étouffaient, qui a séduit Myriam Muller et Jules Werner, qui leur a semblé convenir à merveille pour poursuivre cette exploration d'atmosphères scéniques contrastées qui les a confrontés successivement - et avec succès - au jeu psychologique de Angels in America de Tony Kushner et à la farce trash du Garçon impossible de Petter S. Roselund.
Leur choix s'est porté sur quatre petites pièces de Feydeau, qui sont pour eux comme les «quatre saisons d'un couple». Le printemps de la rencontre amoureuse: Amour et piano; l'été des amours charnelles et des corps brûlants de désir: On va faire la cocotte; l'automne de l'arrivée d'un enfant: Léonie est en avance; et l'hiver de l'usure du couple: On purge bébé.
Et Feydeau est aussi, c'est un autre de ses bonheurs, une fête pour les comédiens, qui «se multiplieront»!
» Un garçon impossible de Petter S. Rosenlund métamorphose un paisible feuilleton kitsch en un terrible cataclysme familial. Son humour noir trouve un écho dans la mise en scène de Myriam Muller et Jules Werner. Petter S. Rosenlund transforme le conte de fées cathodique en film d'horreur où cauchemars, révélations terribles et ponctuations sanguinolentes s'accumulent. Du sang partout, des morts partout… Myriam Muller et Jules Werner se sont faits les metteurs en scène de ce scénario déjanté. Ils installent le spectateur dans l'illusion naturaliste (un décor de Jeany Kratochwil) typique de pareil feuilleton... L'humour noir triomphe dans ce concentré de négations de notre bel humanisme. Et l'on rit, d'autant que la mise en scène ne manque pas de rythme… Luxemburger Wort
» La réussite de cette pièce se trouve entièrement dans la mise en scène d'une situation intenable. Tellement intenable que le public en rit. Tageblatt à propos d'Un garçon impossible
» … on rit aux larmes de ces personnages white trash hors normes, excroissances d'une société individualiaste, égomane et mythomane - pour, au final, s'interroger sur ce que cette société inflige aux enfants, et sur les conséquences que cela peut avoir. D'Lëtzebuerger Land à propos d'Un garçon impossible
AVEC
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Vendredi 9 DÉCEMBRE 2011 à 20h00 (tickets)
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