[FR] Guy Cassiers est chez lui au Grand Théâtre: après La Trilogie du pouvoir (Mefisto for ever, Wolfskers et Atropa), House of the Sleeping Beauties, Sunken Red/Rouge décanté, il nous revient avec Sang & roses. Le Chant de Jeanne & Gilles.
Reprenant sa collaboration fructueuse avec l'écrivain Tom Lanoye, ce sont deux figures remarquables du XVe siècle qu'il met en scène. Celle de Jeanne d'Arc d'abord, cette petite paysanne affirmant avoir reçu de Dieu l'ordre de «bouter les Anglais hors de France», et qui, après avoir remporté quelques victoires spectaculaires, fut emprisonnée et condamnée au bûcher pour sorcellerie. En 1920, on la canonisa. Celle de Gilles de Rais ensuite, un grand seigneur, lui, qui combattit à ses côtés, mais, criminel démoniaque, fut plus tard condamné à mort pour magie, sodomie et le meurtre de dizaines d'enfants.
Dans Mefisto for ever et Atropa, Guy Cassiers et Tom Lanoye s'étaient focalisés sur les pouvoirs politique et militaire. Sang & roses. Le Chant de Jeanne & Gilles se concentre sur l'appareil judiciaire et le pouvoir religieux, deux domaines de prédilection des fondamentalismes menaçants. L'horreur du XVe siècle est un miroir pour le XXIe siècle.
Cette production prend ainsi place dans une ambitieuse réflexion théâtrale et lyrique en cours (les trois épisodes d'une adaptation de L'Homme sans qualités de Musil et les quatre «journées» de L'Anneau du Nibelung) et qui porte sur de nombreux thèmes de crise: l'extrémisme de droite, le fondamentalisme sous toutes ses formes, le communautarisme, l'influence des médias, le terrorisme, l'insécurité...
La musique aura son rôle à jouer. Confiée à Dominique Pauwels, un autre «fidèle» de Guy Cassiers, elle se fondera sur les principes de la musique du Haut Moyen Âge et de la musique polyphonique. Composition pour trois trios vocaux, elle sera interprétée a capella par neuf chanteurs de l'incontestable Collegium Vocale de Gand.
» Avec Bloed & rozen. Het lied van Jeanne en Gilles (Sang & roses. Le chant de Jeanne et Gilles), qui a été salué debout par une large partie du public de la Cour d'honneur du Palais des papes à l'issue de la première, vendredi 22 juillet, le metteur en scène flamand Guy Cassiers emmène dans un sacré voyage théâtral, poétique et réflexif. Le Monde - Fabienne Darge
» Sang & Roses renoue avec les riches heures de la Cour d'Honneur du Palais des Papes, avec le souvenir, même rêvé, du théâtre altier, épique et sobre de Jean Vilar. Un plateau vide, ou quasi, et des acteurs, tous bien trempés, une belle troupe. Des images projetées, mais c'est d'un si bel et juste usage. Et les voix célestes et cruelles du Collegium Vocal de Gand, chœur noir tapi dans l'ombre. Le Nouvel Observateur - Odile Quirot
» Sang & Roses. Le Chant de Jeanne et Gilles raconte avec subtilité deux destins de légende. Et on est soudain content de mieux comprendre les enjeux de pouvoir, les manipulations au sommet d'une époque qu'on ne connaît plus guère, et que Cassiers et Lanoye remettent superbement en lumière. Le théâtre, c'est ça aussi: réveiller les mémoires, le terreau collectif commun, pour retrouver, réfléchir ensemble. Télérama - Fabienne Pascaud
» Dire d'abord l'excellence d'une troupe faite de personnalités singulières et de grands talents magnifiquement dirigées par Guy Cassiers, cet amoureux des comédiens. Dire la beauté des chants de Dominique Pauwels, interprétés a capella par les membres du collegium vocal de Gant. (…) Sang & roses rend justice à la mémoire de la cour d'Honneur du palais des Papes et place haut les enjeux du théâtre contemporain. L'accueil fut on ne peut plus chaleureux. Et mérité sous le grand vent. L'Express - Laurence Liban
[DE] Dass es immer wieder gelingt, Guy Cassiers mit seinen Produktionen nach Luxemburg zu holen, ist ein kleines Wunder. Die großen europäischen Bühnen reißen sich um den belgischen Theatermacher. Für die Mailänder Scala und die Berliner Staatsoper realisiert er derzeit mit Daniel Barenboim Wagners Ring. Cassiers außergewöhnliche Bildersprache, die über Worte weit hinausreicht, besitzt fast so etwas wie Sucht-Potenzial.
Das gilt auch für die neueste Produktion Sang & Roses, die er an seinem Antwerpener Toneelhuis entwickelt hat. Gemeinsam mit dem Autoren Tom Lanoye bringt er zwei Figuren des 15. Jahrhunderts auf die Bühne, die kaum unterschiedlicher sein könnten: Jeanne d'Arc, die Jungfrau von Orléans, und Gilles de Rais, Kriegsheld und Serienmörder.
Blut & Rosen spielt im Kraftfeld zwischen kirchlicher und juristischer Macht - und schlägt eine Brücke von den Greueln der 15. Jahrhunderts in die Gegenwart.
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Mercredi 25 JANVIER 2012 à 20h00 (tickets)
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