[FR] Vincent Macaigne est un metteur en scène qui empoigne le spectateur! Pour lui, le théâtre crie. Cri de colère, d'amour ou de destruction. Il est tout à la fois intime, collectif et générationnel. Dans ce théâtre qualifié de démesuré, d'outrancier et de fulgurant, les acteurs, les images, la lumière et le son travaillent à faire surgir du mythe et du poétique la violence du réel et du quotidien.
Pour Vincent Macaigne, il y eut d'abord Dostoïevski. Idiot était une lecture absolument personnelle et radicale du grand roman du grand auteur russe. Comment adapter l'inadaptable? Il fallait proposer une équivalence scénique, une mise en images sans compromission, seules à même de restituer l'essence de l'oeuvre, ses mises en demeure d'alors, ses interpellations d'aujourd'hui, sa pertinence pérenne.
À présent, c'est Shakespeare, et Hamlet, mais avec le titre: Au moins j'aurai laissé un beau cadavre. Hamlet et le conte danois qui a inspiré Shakespeare ont servi de point de départ. Mais Vincent Macaigne n'a pas voulu coller au texte de Shakespeare; il a souhaité en révéler les puissances contradictoires. Hamlet est un appel à la colère, un refus de la façon dont la génération du jeune homme se résigne à l'acceptation, un appel aux générations à venir, un sacrifice pour la suite. Tout a été expérimenté sur le plateau,enimprovisations, de façon brute, avec d'autres textes, ceux de Vincent Macaigne, de ses comédiens, de Sénèque, de Nietzsche, avec des extraits de journaux. Et tout cela a été enraciné non pas dans un réel lointain, brumeux, mais dans le réel le plus immédiat, le plus concret. Il s'agit de faire «un théâtre sale et sans politesse», qui ne soit pas l'instrument d'une pensée ou d'un discours, mais qui se dépouille au contraire de toute intelligence pour révéler la naïveté, l'absurde et la poésie de ses situations.
» C'est le spectacle que l'on attendait au Festival d'Avignon: celui qui vient tout casser, au risque d'excéder une partie des spectateurs, et d'enthousiasmer les autres. Sous un titre formidable, Au moins j'aurai laissé un beau cadavre, il revisite Hamlet, de William Shakespeare, et se donne au Cloître des carmes, où le public des premiers rangs est protégé par une bâche en plastique des jets d'hémoglobine, de boue et de projectiles en tous genres qui ponctuent les quatre heures d'une représentation trash, foutraque et passionnante, signée Vincent Macaigne, un nouveau venu à Avignon. […] Ce n'est pas un provocateur-né qui s'attaque à Hamlet. Mais c'est un homme jeune en colère, pour des raisons qu'il garde secrètes et d'autres qu'il exprime. Toutes traversent Au moins j'aurai laissé un beau cadavre, qui s'est construit comme les précédents spectacles de Macaigne: en travaillant sur le plateau avec sa bande d'acteurs amis. […] Tout est là: Au moins j'aurai laissé un beau cadavre ne cesse de parcourir le champ d'une idée: comment se tarit l'innocence, que ce soit celle de Claudius, d'Hamlet ou d'Ophélie. Eh bien, elle se tarit dans le sang et les larmes, qui prennent dans le spectacle la forme exacerbée de la provocation. Au fond, Vincent Macaigne ne réécrit pas Hamlet. Il dialogue avec la pièce, lui fait sortir ce qu'elle a dans les tripes, de son point de vue, aujourd'hui. Le Monde
» Macaigne tutoie le prince du Danemark et les autres (Claudius en particulier, qu'il considère non comme un usurpateur mais comme un moderne qui veut en finir avec les vieilles lunes) comme des vieilles connaissances perdues de vue, des salopards de pote avec qui il a quelques vieux comptes à régler. […] … ce spectacle cherche à vue. Son souci n'est pas d'être parfait, mais vivant, donc troublant. Et quand on cherche, on trouve, ou bien se goure. Macaigne se rattrape toujours peu ou prou par les couilles: son «Hamlet», son cadavre de «Hamlet», est une affaire de sexe mais d'abord de pouvoir, comme toujours dans ses spectacles. […] … un spectacle miraculeux dans le sens où il ne cesse de se faire avec ce qu'il défait, de s'affirmer en se niant, d'atteindre la beauté par la déjection dans une sorte de quête à la fois amoureuse, désespérée et revenue de tout, sauf de l'essentiel; faire du théâtre. […] … une sorte de romantisme monstrueux qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère de certaines scènes des films de Leos Carax. […] «Etre ou ne pas être», la plus fameuse réplique de la pièce la plus célèbre du monde est, semble-t-il, zappée (ça crie tellement qu'on ne comprend pas tout). Mais dans le fond, Au moins j'aurai laissé un beau cadavre ne parle que de ça. Rue89
» Avec Au moins j'aurai laissé un beau cadavre, le metteur en scène Vincent Macaigne converse avec Shakespeare et invente un hamlet des temps modernes. C'est sanglant, torride, désespéré, mais qu'est-ce que c'est bien! [...] Il y a du Hamlet là-dedans. Mais un hamlet trash et romantique, impulsif et irrespectuex comme pas deux. L'Humanité
» L'hystérie, chez Macaigne, n'est ni un but ni un moyen. Tout au plus un point de départ. Libération
ÊCRITURE, MISE EN SCÈNE, CONCEPTION VISUELLE & SCÉNOGRAPHIQUE Vincent Macaigne
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Mercredi 8 FÉVRIER 2012 à 20h00 (tickets)
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