[FR] L'Hypocrite, tel était, en 1664, le premier titre de la pièce de Molière devenue par la suite, en 1669, Tartuffe ou l'imposteur. Une modification de titre qui renvoie à des modifications de contenu dues à la farouche et menaçante opposition de ceux qui se sentaient visés par le personnage. Molière a été contraint d'adoucir son propos, qui ne s'en prend plus aussi directement à l'Église, mais aux visées d'accaparement du pouvoir par une fausse dévotion. C'est la première version, plus directe, plus âpre, et aux fortes résonnances contemporaines, qu'a souhaité retrouver le metteur en scène Laurent Delvert.
Chrétien, il se dit en effet effrayé par l'évolution de sa religion au cours de l'histoire, ses responsabilités, ses méfaits. Il déplore qu'oubliant l'amour et le respect de l'autre qui en sont ses fondements: elle et toutes les autres d'ailleurs n'engendrent que l'intolérance. La religion, même dans nos sociétés laïcisées, continue de peser lourd dans les grands débats qui les agitent. Il suffit, lors d'élections présidentielles aux USA ou en France, de considérer certaines pressions sur les candidats, ou certaines ambiguïtés dans les propos de ces candidats. Laurent Delvert désire également, à propos de Tartuffe, garder à l'esprit le débat sur le célibat des prêtres et l'hypocrisie qui règne quant à leur sexualité.
Ce qu'il veut aussi, c'est interroger davantage les personnages. Ainsi, Tartuffe: dans une vision non manichéenne, quelle humanité peut-on déceler chez lui? Comment le petit enfant qu'il a été, élevé dans la religion catholique, a-t-il pu devenir cet être machiavélique? Orgon n'est-il vraiment qu'un benêt? Elmire n'est-elle pas troublée par un Tartuffe qui serait peut-être sincère dans sa déclaration d'amour? Les questions sont posées.
AVEC
Sandrine Attard - Dorine
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Mardi 13 MARS 2012 à 20h00 (tickets)
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