[FR] Un homme et une femme; il est marié, père de famille, représentant de commerce peut-être; d'elle on ne sait rien sinon qu'elle est saoule, désoeuvrée, un peu pute peut-être; ils se rencontrent dans un parc; dans une chambre d'hôtel ensuite.
Une histoire d'amour, leur vie va basculer. Un univers typique de l'auteur norvégien Jon Fosse, né en 1959, consacré par de nombreux prix, et mis en scène en français par Claude Régy, Jacques Lassale ou encore Denis Marleau. Pour Jon Fosse, le théâtre est la plus humaine et la plus intense des formes d'art. Un théâtre où le silence, où l'hésitation, le temps, l'espace entre les mots, où ce qui se devine sous les mots, plus que les mots eux-mêmes, les pauvres mots humains, si banals, est incroyablement significatif. Un théâtre de tension et d'attention. Le spectateur, atteint dans ses émotions, ressent avant de comprendre, et les échos suscités en lui, au plus profond, sont intenses et bouleversants. Et cette humanité maladroite que Jon Fosse donne à reconnaître, est à la fois tragique bien sûr, mais comique aussi.
C'est Sophie Langevin qui donnera vie scénique à cet Hiver, séduite par cette pièce dans laquelle Jon Fosse confirme quel extraordinaire ouvrier de l'imperceptible il est dans son écriture aux tonalités de musique minimaliste, déclinée en répétitions et en infimes variations. On se souviendra alors de la façon dont Sophie Langevin a réussi à rendre perceptibles toutes les sous-jacences de Je ne suis jamais allé à Bagdad d'Abel Neves et on se rappellera comment elle a superbement maîtrisé et mis en lumières l'incroyable déferlement verbal de La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès.
Cette fois, des images - figées, agrandies, animées, répétées -, interpelleront le spectateur, à la manière des mots. Confirmant ainsi que ce texte de Jon Fosse est une partition ouverte que chacun est amené à compléter.
» Jean-Louis Coulloc'h compose un personnage touchant, sensible et crée un effet spécial inédit: la douceur masculine. Paris Match à propos de Lady Chatterley
» Incarnée par deux acteurs sidérants, Marina Hands ou la grâce absolue, Jean-Louis Coulloc'h ou la virilité magnifiée. Le Monde à propos de Lady Chatterley
» Et puis il y a cet Autre, avec qui Pierre Meunier partage le plateau. Ce colosse magnifique au regard bleu, ce Vulcain qu'on verrait bien soulever la scène à bout de bras sur ses seules épaules. Jean-Louis Coulloc'h - ombre chez Claude Régy (Melancholia) et homme du Radeau - qui, dans sa fascinante et gracieuse puissance, donne corps à tout le paradoxe du spectacle. Et ramène le cercle du jeu à un cirque des origines. Libération à propos de Le Tas d'Arnaud Meunier
AVEC
|
Mardi 17 AVRIL 2012 à 20h00 (tickets)
|